‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 164 sur 225 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

nada. Là, ses fils pourraient respirer la pure atmosphère du catholicisme.

Le Canada, ou plutôt la Nouvelle -France , car tel fut le nom qu'il porta depuis le jour où notre grand navigateur malouin Jacques Cartier ' en fit la découverte, jusqu'au moment où il cessa de nous appartenir, avait été évangélisé au commencement du xvi^ siècle par les Rccollets, les Franciscains, et parles Pères de la Compagnie de Jésus. Ce furent ces derniers qui, marchant à la conquête des âmes, s'avancèrent peu à peu dans l'intérieur des terres, et découvrirent le pays situé au delà de Montréal.

Tandis que les Pères Le Jeune, Bressany, Marquette, Lallemand, Jean de Brébeuf, Antoine Daniel, Garnier, IsaacJogues, du Jaunay, ettantd'autres encore, héroïques missionnaires, parcouraient des contrées sauvages, depuis les rives de Saint-Laurent jusqu'à celles de l'IUinois, du Missouri et au delà ; les uns répandant leur sang pour le nom de Jésus -Christ; les autres, victimes de la faim, du froid, de la fatigue, sacrifiant leur vie dans un martyre non sanglant, martyrum sine sanguine, mais martyre véritable et couronné de ces couronnes dont le sang d'ordinaire est le prix : de

1 Eu looo.

372 ELIZABETII SETOX

son côté, un grand serviteur de Dieu, M. Olier, instituteur du séminaire et de la compagnie de Saint-Sulpice, était choisi par la Providence pour compléter la tâche qu'avaient commencée les missionnaires jésuites. De ses propres deniers et de ceux d'une pieuse société fondée par lui à cet efTet, il acquérait, sur les bords du fleuve Saint-Laurent, l'île de Montréal; et, remuant les pierres à mille lieues de distance par l'énergie de sa volonté confiante en Dieu, il jetait les fondements d'une ville consacrée à la sainte Vierge, Ville Marie, aujourd'hui Montréal , siège des missions de toute l'Amérique du Nord, boulevard de la civilisation contre les incursions des Sauvages , et centre du commerce pour les peuples voisins.

La nouvelle ville sortait à peine de terre, que déjà M. Olier y faisait surgir trois établissements religieux destinés à un grand avenir : un collège ou séminaire, un asile, une école. Le collège ou séminaire, dirigé par des prêtres séculiers dévoués à distribuer les secours spirituels aux colons français, à donner l'éducation à leurs jeunes fils, à former des missionnaires pour les peuplades environnantes, et à instruire « les enfants mâles des Sauvages » : l'asile, ouvert par la charité aux malades de la colonie. Là vinrent s'établir les hospitaUères de Saint-Joseph, amenées d'Anjou au Canada par

Page 1