‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 165 sur 225 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

une courageuse servante de Dieu , M"® Mance, du diocèse de Langres : la maison d'école, enfin, pour les enfants du premier âge, élevés par les soins de la congrégation de Notre- Dame, qui avait pris naissance à Ville-Marie. Elle se composait de maîtresses pour les petites écoles , venues à l'appel d'une simple fillo de Troyes, la sœur Margueriî'3 Bourgeoys, qui, pour se dévouer à sa laborieuse tâche, était partie toute seule de son pays, comme elle le disait elle-même, « sans denier ni maille, n'ayant qu'un petit paquet qu'elle pouvait porter sous son bras. »

Les missionnaires envoyés par M, Olier avaient eu pour premier sanctuaire une petite chapelle construite en écorce. Faute de lampe et faute de cierges, — l'huile et la cire étant inconnues en ce pays, — on y voyait briller une fiole de verre éclairée par quelques-uns de ces lumineux insectes qu'on appelle des mouches à feu. Moins de cent ans plus tard , on comptait dans la colonie cent deux églises, soixante-seize presbytères, cent cinq prêtres, quarante -cinq religieuses et cent cinquantehuit sœurs '.

1 Voir la Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint -Sulpice. Paris, 1853. — Miscellanen on historiral , theohyical, and miscellaneous subjects, bij M. J. Spaldiny ,

Un traité désastreux nous enleva la Nouvelle-France, en 1703, et la fit passer aux mains des Ani:;lais. Ces nouveaux maîtres du pays méconnurent d'abord leur propre intérêt, qui leur commandait d'user de bons traitements pour distraire du souvenir de la mère patrie tout un peuple qui tenait d'elle le trésor de sa foi, ses mœurs, ses institutions, son langage, et jusqu'à son nom ; car on disait alors indifféremment Français ou Canadien. Le traité de Paris avait stipulé que les habitants de notre ancienne colonie, Canadiens, Arcadiens et Sauvages convertis, conserveraient le libre exercice de leur religion. Cette clause fut violée avec un mépris de la parole jurée et avec une cruauté qui sont un des plus douloureux souvenirs de l'histoire. Des voix éloquentes, celle de Burke, entre autres, s'élevèrent en Angleterre m.ême, pour flétrir la conduitedes Lawrence, desLoudoun, desCornwallis, jusqu'au jour où la crainte d'une révolte des Canadiens eut amené une justice intéressée, tardive, mais complète.

Le mouvement précurseur de l'émancipation des colonies américaines fut la menace qui effraya le gouvernement anglais, et l'engagea

D. D. hishop of Louisville, archbishop of Baltimore. — Louisville, 18S8. — The Jesuils in North America, by Francis Parkman. — Boston, 1865.

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