‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 173 sur 225 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

son côté, le vénérable M. Matignon, pour qu'il bénisse vos desseins. Lui-même les a inspirés. Je lui demande qu'il vous donne la grâce de les accomplir à sa plus grande gloire. Ma pensée est que vous êtes destinée à l'acconiplissement d'un bien considérable dans les États-Unis. Il faut que vous demeuriez ici, de préférence à tout autre lieu. Pour ce qui est du reste, Dieu a ses moments, que nous ne devons pas chercher à devancer. Un sage délai ne fait que mûrir les bons desseins que la grâce fait naître en nous. »

Tout en s'inclinant devant les conseils des guides éminents qui la dirigeaient, l'humble Elizabeth se sentait tout à fait impuissante à comprendre comment on la croyait destinée à l'accomplissement d'un bien considérable aux- États- Unis. «Une telle idée , écrivait-elle à Antonio Filicchi, suffirait pour faire tourner une tête plus forte que la mienne; mais je sais trèsbien que Dieu ne voit pas les choses comme l'homme les voit. D'ailleurs, puisque l'obéissance est l'hommage qui plaît le mieux à notre souverain Maître, je suis certaine de ne pouvoir m'égarer, du moment que je soumets à l'obéissance tout ce que je ferai. Je ne regarde ni en avant ni en arrière , mais droit devant moi, suivant ma vieille règle de conduite, et je ne songe pas au.\ calculs humains. » I. 42

398 ELIZAHETH SETON

ELIZABETII SETON A M^e JULIA SCOTT

16 janvier 1808.

« M. Barry vient de mourir. Cette mort m'est une grande perte. C'est lui, je crois dans le temps vous l'avoir dit, qui était venu me découvrir, lui avec sa chère femme, venant à moi tous les deux, quoique m'étant absolument étrangers, uniquement en souvenir de l'estime qu'ils avaient eue pour mon mari; ce qui, dès le premier abord, leur avait gagné mon cœur. Depuis lors , tous deux n'avaient cessé de me témoigner, à moi et à mes chers enfants, la plus constante, et invariable affection que j'aie jamais connue. M''^ Barry est très-ébranlée. Sa mère essaiera de la faire voyager, sitôt que ce cruel embargo sera levé. Alors, adieu à tout attrait d'aller en ville, si ce n'est pour l'église

de Saint- Pierre Je vous dirai que notre

Anna fait des progrès en musique , rares pour son âge. Son talent, à chaque nouvelle leçon, me fait penser à la joie qu'auraient prise à l'entendre ceux qui ne sont plus. Ses ouvrages à l'aiguille sont très-corrects; son écriture l'est aussi. L'occupation lui plaît beaucoup; mais on peut dire, comme de sa pauvre mère, qu'il n'y a qu'une chose qui l'attache : lire et écrire. »

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