CHAPITRE Xll
garde comme une sœur ? Tout auprès de moi , une ravissante chapelle , la plus belle de toutes celles qui sont en Amérique ; presque aussi belle que plusieurs de celles qu'on admire à Florence, et tellement rapprochée que de la maison je puis entendre la petite cloche de l'autel. Oh! Antonio, si je vous disais tout cela, vous qui savez si bien plaindre votre sœur, avec quelle joie vous écouteriez le récit des changements heureux qui ont transformé sa vie !
(( Ces Messieurs du séminaire offrent de me donner un lot de terrain pour y bâtir. Le projet, en supposant qu'on puisse y donner suite, serait de commencer sur un plan modeste, mais qui se prêterait à de plus amples développements; car on espère qu'il ne manquera pas de bonnes âmes disposées à venir se joindre à nous pour former une institution permanente. Mais que peut une pauvre créature comme je suis ! 11 faut que j'abandonne tout à la divine Providence... Cependant, avec cette franchise à laquelle je suis tenue envers vous, à qui je ne dois cacher aucune de mes pensées , j'oserai vous demander, comme à mon frère, jusqu'à quel point, jusqu'à quelle somme, je pourrais compter sur vous et sur votre vénéré frère , en l'état où sont les choses? Ce que vous avez fait déjà est si peu mérité de celle qui en a été
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l'objet, ce que vous ne cessez de faire pour nous est si fort au delà de tout ce que nous pouvions attendre en quoi que ce fût, que je me fais violence pour vous adresser une semblable question ; bien que je sente qu'elle est tout à fait indispensable pour la régularité de mes démarches , et à cause des égards que je dois à ces révérends Messieurs qui nous portent un si vif intérêt.
(( M. Matignon écrit tant de choses à M. du Bourg sur ce qu'il attend et espère de moi , de mes filles ! et... mais je crois qu'il vaut mieux que je me taise , de peur de vous faire craindre pour ma tète... Mais, en vérité, tout ce qu'ils peuvent dire d'une si pauvre créature ne sert qu'à me faire sentir, d'une manière plus sensible, ce que je devrais être. Il faut qu'ils ne connaissent guère le passé. S'ils le connaissaient , ils auraient une bien petite idée du présent. Cependant, comme je m'approche de Notre-Seigneur presque tous les jours, vous devez bien penser que je m'efforce de devenir bonne.
a Dites mes plus vives tendresses à votre Amabilia et à vos chéris. Oh ! Antonio, écrivezmoi bientôt, et parlez-moi d'eux tous. Je vous en prie, un souvenir de ma part à tous ceux qui se souviennent de moi, au docteur Tutilli et à l'abbé Plunkett, le plus particulièrement. Et,