CHAPITRE XII
quoi qu'il arrive , quel que puisse être l'effet de celte lettre sur votre cher cœur, ne souffrez pas qu'elle heurte un seul moment le sentiment qui est mon plus grand bonheur en ce monde. Écrivez-moi, je vous en conjure, Antonio; et , si vous pensez que votre pauvre petite sœur a tort maintenant, au moins pardonnez-lui, et aimez-la toujours comme elle vous aime. »
La lettre que nous venons de lire était partie depuis peu, lorsque Elizabeth reçut des nouvelles d'Antonio Filicchi. Elle n'en avait eu aucune depuis près de quatorze mois. Plusieurs lettres qu'il lui avait adressées ne lui étaient jamais parvenues. Celle-ci portait la date du 10 avril d808. « Ma bonne et bien-aimée sœur, disait Antonio, vous avez raison et vous n'êtes que juste, en m'assurant, comme vous le faites dans votre dernière lettre S que vous n'admettrez jamais la crainte, ni même la pensée, — la pensée vraiment coupable, — que je puisse jamais éprouver moins d'intérêt ni d'affection pour ma vertueuse amie d'Amérique, ma gloire en fait de sainte convertie ! En dépit de la distance et de l'interruption de notre correspondance, jamais vous n'avez été si présente à mon esprit; jamais votre souvenir n'a été si
1 Une lettre qii'Elizabeth avait écrite dans l'été de l'année 1807.
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purement empreint au fond de mon cœur.
Comme, tous les deux, nous nous faisons vieux, chaque jour nous rapproche de notre but commun, le ciel, où nous nous retrouverons, s'il plaît à Dieu, et où nous nous donnerons la main pour ne plus nous séparer jamais
« Je prends une vive part à votre satisfaction de la bonne conduite de vos fils et de vos filles ; une éducation chrétienne est le meilleur héritage que vous puissiez leur laisser
Mes amis
les Murray ont reçu de moi des ordres réitérés pour suppléer à ce qui aurait pu faire défaut dans les ordres précédents. Il faut que vous recouriez à eux aussi régulièrement que nous en étions convenus entre nous, et aussi souvent que vous pourriez en avoir besoin. Si vous essayez de désobéir à votre frère à cet égard , je ne vous écrirai plus jamais; et j'essaierai de ne plus penser à vous, si cela est possible. Mes moyens sont doubles maintenant de ce qu'ils étaient à l'époque de l'engagement que j'ai souscrit '. Au milieu de la stagnation universelle des affaires, d'heureuses entreprises ont largement compensé pour nous la perte
1 Voir la note page 424.