‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 190 sur 225 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

des commandes qui nous venaient des États- Unis. La Providence favorise d'une manière éclatante ciiacune des démarches que nous faisons. Si le Ciel écoute si bien ce que vous dites en ma faveur, comment serais-je assez ingrat pour vous abandonner sur la terre ! »

Nous ne croyons pas que la persuasion de l'amitié ait jamais eu langage plus aimable pour faire accepter ces marques de générosité qui demandent à être offertes d'une main si délicate. Elizabeth, en son cœur noble et grand, avait des trésors d'affection pour acquitter la dette de sa gratitude. Vis-à-vis de ses chers Filicchi, elle ne craignait nullement de se dire l'obligée. Il lui fut toujours aisé de se voir ellemême à la place de ces rares amis, et de sentir quel bonheur elle aurait trouvé à faire pour eux ce que l'inconstance de sa fortune leur permettait de faire pour elle. Qui comprend la joie de donner ne souffre pas de recevoir, alors que le don est souffert par la plus aimante tendresse. Cette joie de donner, qu'elle a de douceur! On dirait volontiers, quand on y songe, que si l'on osait mesurer la reconnaissance à la douceur dont on jouit, c'est celui qui donne qui devrait des remercîments à celui qui accepte.

Vie pieuse d'Elizabeth , occupée et heureuse. — Son humble impatience de servir les intérêts de la religion aux États- Unis. — Lettres adressées à Filippo et à Antonio Filicchi. — Correspondance d'hlizabeth avec ses deux belles - sœurs. — Rencontre providentielle. — M. Cooper. — Don offert à M. du Bourg pour la création d'une école et d'un asile en faveur des pauvres catholiques du Maryland. — L'école d'Elizabeth à Baltimore. — Première communion des enfants. — M''^ Cécilia O'Conway. — Commencements de la fondation d'Emmettsburg.

Il est un enchantement que nul, s'il l'a éprouvé, n'oubliera jamais. Partir, laisser au nord derrière soi le sombre et rude hiver ; se hâter vers les régions du Midi ; se réveiller tout à coup sous le gai sourire du soleil, surpris et ravi tout à la fois de sentir, au lieu des morsures du froid , les tièdes caresses de la chaleur : délicieuses impressions ! qui les fera revivre en son souvenir aura la parfaite image de ce que

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