‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 19 sur 225 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

rant, reçoit sans cesse en Italie devant les chefs-d'œuvre d'un art idéal et pur ; d'un art fidèle à la mission d'élever les âmes , de réveiller en elles les souvenirs religieux, et de perpétuer les traditions saintes.

Il est certain qu'après avoir vécu chez un peuple rempli de foi ,, et dans l'étroite intimité de deux serviteurs do Dieu tels qu'étaient Filippo et Antonio Filicchi, William-Magee Seton se sentit souvent touché d'admiration, et favorablement impressionné en faveur du catholicisme. Nous devons avouer toutefois que rien ne parut en lui qui annonçât comme un désir naissant de s'agenouiller au même autel que ses amis. Une ambition d'un ordre tout humain l'avait conduit en Italie. Il y donna son temps aux délassements et aux plaisirs de son âge, non moins qu'à des soins plus sérieux. Traité comme un enfant aimé par Antonio etFilippo Filicchi, tandis qu'en leur demeure bienveillante et amie il goûtait la paix de ses jours heureux, la mort marquait non loin de là, dans la ville la plus voisine, la place où devait s'arrêter sa course jusqu'au réveil de l'éternité. Sa frêle existence, un instant transportée sous ce doux climat d'Italie , était destinée à s'y éteindre. Il devait revoir son pays, mais seulement quelques années. La Providence avait ses vues pour que la terre

qui garderait à jamais William, tombe arrosée de larmes, enfantât à la foi catholique sa veuve et ses enfants orphelins.

Quand il revint en Amérique , après une absence de six années,notre jeune voyageur était, comme on eût dit dans le langage d'alors, un cavalier accompli ; une figure charmante , des manières distinguées, une conversation pleine d'intérêt. Il avait vingt-cinq ans. Son père, immédiatement, l'associa à ses affaires. Tout le monde travaille aux États-Unis . cette loi sociale date de la naissance même de la colonie. Le temps l'a confirmée , loin de l'amoindrir. Dès l'origine, en ce pays, aussi bien que de nos jours, le mariage a été tenu en honneur, une heureuse fécondité a fait la joie des familles ; les parents ont toujours joui du droit de disposer de leurs biens en toute liberté. Aussi la richesse, plus facile à acquérir ou à augmenter en Amérique que partout ailUeurs, s'y est- elle toujours subdivisée d'une manière rapide. De là naturellement la nécessité qui s'impose à chacun de conquérir sa part dans les faveurs que distribue la fortune ; de là le prix qu'on attache à l'intelligence et à l'activité. Loin que le préjugé soit contre le travail, il est pour lui. Et qu'on n'aille point s'imaginer que l'homme riche soit affranchi de la loi commune. Les choses ne vont point ainsi : il

Page 1