‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 191 sur 225 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

doit éprouver un cœur glacé par l'abandon de ceux qu'il aimait, s'il se sent réchauffé doucement sous une atmosphère de bienveillance et d'affection. Entourée des soins d'une tendre amitié, Elizabeth ne se lassait pas de remercier Dieu « des heureux changements qui avaient transformé sa vie ». Le repos et la paix dont elle jouissait consolait de son absence le petit nombre d'amis qui lui étaient toujours demeurés fidèles , et qui avaient tant souffert pour elle des rigueurs de sa famille. Peu de temps après son arrivée à Baltimore, sa chère Henriette lui écrivait : « Où pourriez- vous aller, sœur chérie, sans rencontrer bienveillance et affection? Ceux qui pourraient vous connaître sans vous aimer seraient donc des êtres insensibles ? La description que vous faites est ravissante. Toutes mes pensées, toutes mes espérances, s'envolent vers l'heureux endroit que vous nous avez dépeint. Oh! si je pouvais m'y voir un jour! Non pas comme je suis maintenant, mais pour être vraiment heureuse. Qu'on me laisse goûter le bonheur de servir Dieu dans votre religion bénie! Chère sœur, ne cessez de prier pour moi. Ne m'oubliez jamais à la chapelle. Souvenez-vous du soleil couchant. J'irai toujours vous retrouver au pied de la croix à l'heure du Miserere. Quel doux souvenir 1 »

ELIZABETH A ANTONIO FlLICCm

20 août 1808.

ce Bien que votre sœur d'Amérique vous ait écrit deux fois durant ces deux derniers mois , elle ne peut résister au bonheur de vous remercier de votre lettre du 18 avril, et de vous adresser quelques lignes en profitant d'une favorable occasion qui se présente. Votre lettre a été comme le baume le plus vivifiant, le plus consolant, pour soulager mon imagination effrayée, qui se livrait à mille conjectures funestes à cause de votre long silence. Le Dieu tout -puissant connaît seul avec quelle tendresse, et quelle constance, je vous ai recommandés tous deux, votre Filippo et vous, à la messe et à la communion, incertaine que j'étais si vous viviez en ce monde ou en l'autre. Et quand je reçus, dimanche dernier, votre lettre si longtemps désirée, je n'osai l'ouvrir que lorsque je me fus mise à genoux, après avoir renouvelé plusieurs fois l'acte de résignation avec ferveur. Et quand elle eut été lue et relue, les enfants, auxquels j'avais communiqué ma joie, et tous s'agenouillèrent en m'entourant, et nous dîmes ensemble le Te Deum, de toute notre âme.

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