‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 192 sur 225 · CHAPITRE Xlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xlll

« Ainsi, non - seulement vous êtes envie, vous et votre cher frère, mais vous aimez et chérissez le souvenir de votre pauvre indigne sœur ; c'est là pour moi une joie vraiment bien grande!... Et Amabilia, votre chère et excellente Amabilia, et vos doux enfants, tous vont bien , et voici un nouveau trésor qui vient accroître le désir que j'ai de vous voir tous encore une fois '. Mais ce qui n'est pas possiblp, c'est que nul autre puisse égaler jamais le ravissant Giorgino. Ah! si le cher charmant enfant se retrouvait dans mes bras, comme je l'y retiendrais étroitement! Cher Antonio, embrassez-le quelquefois pour moi. J'ai laissé tomber bien des larmes sur sa petite robe que sa chère mère m'avait donnée..., et sur cette petite boucle de ses cheveux ; et cependant j'espère que je la lui ferai voir un j our ! . . .

« Vous ne me parlez pas de la santé de Fi- Hppo ; elle n'est donc pas pire que d'ordinaire. La lettre qu'il m'a écrite , à ce que vous me mandez , de Bordeaux, je ne l'ai jamais reçue. Combien j'en regrette la perte ! Mais peut-être pourra-t-elle encore me parvenir! Les lettres

1 Niccola Filicchi, le cinquième enfant d'Antonio et d'Amal)ilia, qui venait si;ulement de naître. 11 mourut en 1837, à Florence, trois mois avant son frère Giorgio, — Giorgino.

que je vous ai écrites depuis que je suis à Baltimore, elles sont confiées au bon soin des anges. Si vous ne les recevez pas, j'en aurai un chagrin profond. Mais que la sainte volonté de Dieu soit faite 1 Quant à la réussite de mon projet, ou plutôt du projet de ces révérends Messieurs, il dépend tellement de votre concours et support, que je n'ose exprimer un souhait. Tous les lundis, au saint sacrifice, j'en remets le succès — pendant qu'eux-mêmes, pour l'obtenir, offrent le saint sacrifice — à Celui dont la bénédiction peut seule le sanctifier et lui faire produire des fruits. Pour ma part, je serais plutôt portée à compter sur des désappointements ; et je les ai trouvés de tout temps si profitables aux progrès de mon âme, que si nous réussissons à fonder l'établissement que nous projetons, je regarderai ce succès seulement comme un signe que Dieu veut par là opérer un grand bien ; un bien tout à fuit en dehors de mon inléi et particulier, lequel a toujours mieux profité dans la pauvreté et dans les larmes. Je veux dire cette pauvreté dont on souffre, au fond de son âme, lorsqu'on se trouve mortifié de recevoir. Oh ! Antonio ! combien vous pourriez peu juger des mortifications que j'ai éprouvées , si vous appeliez mortification, pour moi, de recevoir quelque chose de vous! Bien loin de là, lorsqueje

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