‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 197 sur 225 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

l'œil. Entre ceux qui ne pouvaient plus supporter de la voir à New- York, et ceux qui l'y voulaient retenir, également tourmentée, elle bornait son effort à supporter la peine de l'heure présente. Souffrant en silence pour l'amour de Jésus- Christ , et s'attendant à recevoir de lui la force pour supporter le poids du lendemain. « Je préférerais, disait -elle, être tout autre part ailleurs qu'ici, dussé-je y être placée au rang de la dernière des servantes. »

« Si je n'avais la ferme foi qu'il y a un Dieu tout sage et tout-puissant pour diriger tous les événements de ce monde, et un Jésus pour récompenser tout ce que nous y avons à souffrir, je ne saurais, en vérité, que penser de ma situation. »

La pensée qu'elle souffrait persécution pour la justice consolait et soutenait la courageuse Cecilia. Elle écrivait à cette Elizabeth dont l'exemple l'avait entraînée sur le « royal chemin de la sainte croix » ; « Qu'il est doux de sentir qu'on souffre avec Jésus et pour Jésus ! En vérité , mon âme se sent toute joyeuse ! Au commencement, le calice semble amer; mais il a d'inconnues délices pour ceux qui aiment véritablement. Chère, chère sœur, si j'étais auprès de vous, je n'aurais plus ces larmes, ces soupirs , ces souffrances de toutes sortes à offrir au Seigneur; mes mérites dans la ba-

lance seraient , je le crains, trouvés trop légers. »

« Ma Cecilia, enfant bien-aimée de Jésus, vous remporterez la victoire , et Lui en recevra la gloire. A lui, gloire à jamais, pour vous avoir appelée à une lutte si généreuse et pour vous y avoir miséricordieusement soutenue. Oui, vous triompherez, car c'est Jésus luimême qui combattra ; Jésus et mm pas vous , ma toute chérie. Oh! non, le faible agneau timide, irrésolu, ne pourrait jamais remonter le torrent, ni résister à l'orage. Mais le tendre berger le porte sur son épaule , l'entoure de son manteau ; et le pauvre petit, tout tremblant et heureux, se retrouve bientôt au milieu du bercail , lui qui se croyait à peine rendu à la moitié du chemin.

« Il en sera de même pour vous, ma chérie. Le bon pasteur ne vous abandonnera pas un instant; il ne permettra pas que le moindre mal approche de vous. Pas une seule de vos larmes ne sera perdue ; pas un seul des soupirs de votre amour pour lui. Heureuse, heureuse enfant , quelle doit être la douceur de vos entretiens avec ce divin Esprit qui donne à votre

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