CHAPITRE XIII
cœur inexpérimenté, dépourvu d'appui, la science des Saints. Ces Bienheureux du ciel se réjouissent sur vous, tandis que vous marchez d'un pas résolu sur leurs traces et dans leurs souffrances. C'est bien votre pauvre sœur qui doit vous supplier de prier pouf elle ! Je suis au repos, ma chérie, tandis que vous gravissez les hauteurs de Sion. Souvent même je sommeille da7ts le jardin ' , tandis que vous avez part au calice d'amertume. Mais il n'en sera pas toujours ainsi. Les miséricordes du Seigneur sont infinies , et je ne serai pas longtemps sans avoir ma part. Demandez-lui pour moi que l'épreuve ne vienne pas du dedans; car c'est là seulement qu'est le vrai supplice. Maintenant je me vois comblée chaque jour, à chaque moment , des plus précieuses consolations; et je les goûte, non pas avec ces transports que vous m'avez connus quelquefois, mais paisiblement, intimement, avec un sentiment de profonde gratitude; toujours prête cependant à offrir à Dieu de renoncer à ses propres dons , s'il trouvait bon de me les ôter, au moment même où j'en ressens le plus vivement la douceur
Que vous dirai-je d'une telle
situation'?... Dieu seul peut y remédier. Notre
i Gant., ch. vi.
bon Padre ' a été tout attendri de votre lettre. J'ai consulté aussi M. du Bourg : tous les deux regardent qu'ici le devoir est de tenir la main de l'homme tout à fait à l'écart. En même temps nous vous assurons tous que nos constantes prières sont unies aux vôtres, et ne cesseront de demander pour votre âme secours et consolation. Mon enfant chérie, puissiezvous être délivrée promptement, si telle est la volonté de Dieu à jamais bénie ! Pensez toutefois que le sacrifice doit se consommer, et que l'âme de votre sœur prie pour vous sans cesse, avec le secours de beaucoup d'autres prières plus dignes d'être exaucées que les siennes. Oh ! combien de saintes âmes s'unissent continuellement pour prier à cette fin ! Que mille bénédictions soient sur vous ! »
Elizabeth ne se trompait pas quand, tout assurée en Dieu, elle exhortait sa jeune sœur à ne douter ni de la grâce ni d'elle-même. Notre faiblesse se change en force dès qu'elle est appuyée sur le Tout-Puissant. Cecilia, revêtue des armes de la foi, combattant le bon combat, sortit victorieuse de la lutte.
Non-seulement Dieu lui accorda de persévé-
1 « Notre bon Père. » Padre, père, en italien. C'est M. Babad qu'Elizabeth désigne ainsi. Il sera que'^tion de ui un peu plus loin.