‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 199 sur 225 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

rer dans sa ferveur, mais il lui inspira le désir de se consacrer à e servir dans l'état le plus parfait où puisse atteindre la vie chrétienne. Les soutîrances de chaque jour détachèrent de ce monde le cœur de la sainte enfant, et l'accoutumèrent à ne chercher ses consolations que du côté du ciel. « Je sens, disait-elle à sa bellesœur, que ma position ici devient tous les jours plus pénible. Il n'y a que Dieu qui sache tout. Je suis persuadée qu il ne laissera pas longtemps les choses telles qu'elles sont; mais d'ici là, j'appréhende à toute heure de me briser contre les sables et les rochers qui m'environnent. Oh! quand serai -je délivrée, ma sœur? L'idée de me réunir à vous s'offre sans cesse à mon esprit; c'est comme si je pensais au paradis. »

Nous pouvons dire de Cecilia qu'elle a été la première compagne d'Elizabeth. S'il ne lui fut pas donné de se réunir à elle aussitôt qu'elle le voulut, elle fut près d'elle par le cœur. Elle est la première fille de sa nombreuse famille spirituelle. Bientôt délivrée des douloureux liens qui la retenaient, nous la verrons recueillie dans la naissante communauté de Saint-Joseph. C'est là, c'est entre les bras de sa sœur, qu'elle achèvera son existence courte et remplie. Quand elle quittera la retraite qu'elle entrevoit dès maintenant comme (C son

paradis sur la terre » , ce ne sera que pour aller vers la demeure de son Dieu.

ELIZABETH A ANTONIO FILICCHI

16 janvier 1806.

c( En ce tunesle temps d'embargo, c'est un grand bonheur pour moi qu'une occasion qui me permet de vous adresser quelques mots de cette tendre affection qui, loin de diminuer par l'effet du temps et de la séparation, s'accroît au contraire chaque jour; qui s'accroît, vraiment, dans la mesure que s'accroît et se fortifie en nous l'amour du trésor que nous vous devons , et le sentiment de son inappréciable valeur. Cher, cher Antonio, comment se peut-il donc faire que j'aie été l'objet de si grandes faveurs ? Si vous pouviez savoir de quelles faveurs et de quelles consolations votre sœur d'Amérique se voit chaque jour comblée, votre cœur se répandrait en actions de grâces. Vous pouvez être sûr que si vous et votre Filippo n'êtes pas récompensés au centuple dès cette vie, ce n'est pas faute des constantes prières de votre enfant prodigue. Mais, allezvous penser, les prières qu'elle fait ne peuvent avoir grand crédit. Pourtant, si j'ajoute que je

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