CHAPITRE XIII
suis assez heureuse pour recevoir le pain des anges, quelquefois tous les jours dans une même quinzaine, je ne puis m'empêcher d'espérer que Dieu recevra une prière incessante , qui lui est offerte au nom de celui-là même de qui découlent toutes bénédictions.
« Je vous ai écrit plusieurs fois depuis que j'ai reçu votre dernière lettre, celle que vous m'écriviez peu après votre retour de votre ambassade en France '. Ma dernière lettre, à moi, en date du mois de juillet dernier, vous disait quelle est pour ce monde mon espérance et mon attente ; elle n'est autre que de travailler, pour une part si petite que ce soit, au progrès de notre chère et sainte religion. Si vous trouviez une occasion, je suis certaine que vous donneriez quelque encouragement à notre plan, si vraiment c'est la volonté de Dieu qu'il soit réalisé ; ou si vous ne l'encouragiez pas , vous nous en donneriez vos bonnes raisons. Il y a longtemps que tout a été remis entre ses mains à Lui. Cependant je ne puis m'empêcher de l'implorer avec instance toujours, à la com-
1 Antonio Filicchi avait été envoyé en députation à Paris pour (léfenilie auprès du gouvernement français les intérêts du commerce toscan. Cette mission était à ptine terminée, qu'il en reçut une autre toute semblable. En 1812, il fut appelé en France par décret impérial. C'était la troisième fois qu'il s'y rendait pour y traiter des mêmes intérêts.
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munion, tandis qu'en même temps mon cœur est tourné du côté de Livourne... 0 mon cher Seigneur, mettez dans leurs cœurs à eux, tout ce qu'y voudra votre sainte volonté sur moi ! et bénissez-les, eux et tous les leurs, de mille bénédictions spirituelles et temporelles !
« Assurément, une semblable institution ne saurait commencer ni se soutenir que par la protection toute particulière de cette divine Providence, qui a déjà fait naître en quelques âmes excellentes le désir d'en faire partie afin de se dévouer au soin d'élever des enfants dans notre sainte religion. Il semble que sa bonté ne s'arrêtera pas à un commencement. Sur la recommandation de notre révérend archevêque Garroll , plusieurs familles ont offert de m'envoyer leurs enfants pour que je les prépare au moment de leur première communion. J'en ai à cette intention cinq avec moi, dont je m'occupe maintenant. Ma vie est une vie très-heureuse, qui se partage tout entière entre mon école et la chapelle tout proche notre demeure. Notre révérend M. Babad, un saint, a dit la messe ce. rnatin pour mes deux frères de Livourne ; ma communion aussi a été offerte pour eux. Ce moment-ci de l'année, Antonio, est précisément celui où la divine lumière de la foi, à laquelle j'avais résisté si longtemps, a pénétré jusqu'à moi avec une puissance irré-