CHAPITRE XUI
sistible, qui m'a contrainte à voir, et à goûter ses infinies douceurs. Oh ! mon frère, où serait la pauvre mère avec ses enfants, si elle n'avait pas été délivrée des ténèbres et de l'erreur !
« Une excellente jeune femme appartenant à notre famille a reçu dernièrement la grâce de la conversion ; et aussi cette pauvre vieille qui avait coutume de vous faire toujours tant de belles révérences. Cecilia est encore dans la famille de son frère. Il y a eu de grands changements à New-York, dans le clergé, depuis le temps où vous étiez là. A Philadelphie , M. Hurley a obtenu des conversions éclatantes. Celles qui se sont faites ici, à Baltimore, sont parmi les classes les plus humbles; mais elles n'en sont que plus nombreuses, et, sans aucun doute, d'autant de valeur. Une nièce du juge Nicholson vient d'être confiée à mes soins par notre évêque, qui maintenant est obligé de s'occuper d'elle entièrement ; aucun de ses parents ne veut la recevoir depuis qu'elle s'est faite catholique. C'est moi qui instruis la chère petite. Je la prépare en ce moment à recevoir jjientôt le plus grand de tous les biens.
« Mon Annina ' est si bonne, que toutes les mères qui la connaissent désirent que leurs
1 Annina, pour Anna, la fille aînée d'Elizabeth.
filles deviennent ses compagnes. Comme je vous l'ai dit, mes fils sont ici au collège, sous la direction de M. du Bourg ; bons et innocents dans leur conduite autant que je puis le souhaiter. Je vous en prie , Antonio, dites tout ce que vous pourrez de meilleur de ma part à votre chère famille, et surtout à votre bienaimée Amabilia. Jamais je ne l'oublierai. Dites à votre frère mes tendres respects. Rappelezmoi aussi à sa chère Maria, et au bon doctewr TutillietàrabbéPlunkett,s'ilssontprèsdevous.
Jamais mon cœur n'est ému d'une gratitude aussi vive que lorsque je pense à vous tous! « Mon cher Antonio, il ne faut pas que vous, ni Filippo, trouviez mauvais si je vous parle si ouvertement de mes affaires. Ce n'est pas , je le répète, pour vous faire une demande formelle; c'est seulement pour que, comprenant bien la situation dans laquelle Notre- S&igneur nous a placés , vous ayez cette con» naissance indispensable qui vous dirigera dans l'accomplissement des desseins de sa volonté sur nous. Soit qu'il lui plaise de me faire avancer vers l'objet que j'ai en vue, soit qu'il veuille m'en éloigner, que sa sainte volonté soit faite 1 S'il daigne seulement continuer à se donner lui-même à moi, je demeurerai indifférente à tout le reste. Qu'il vous bénisse et vous conserve dans la vie et à la mort ! »