‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 202 sur 225 · CHAPITRE XIU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIU

ELIZABETH A i-ILlPPO FILICCHI

21 janvier 1809.

« Au mois de juin de l'été dernier, je vous ai écrit une longue lettre, où je vous parlais de mon arrivée à Baltimore et des espérances el des projets que notre changement de résidence avait fait naître. Ce que nous espérions s'est en partie réalisé : d'excellentes enfants ont été remises entre mes mains ; et plusieurs bonnes âmes, très - capables de seconder mes intentions, sont prêtes à entrer dans l'institution que nous avons en vue , sitôt que le Dieu Tout- Puissant voudra bien permettre qu'elle s'établisse. Mais,... vous le savez, tout ce que je puis, c'est m.e procurer seulement le pain de chaque jour; bien loin de fournir aux moyens de bâtir ou d'acquérir une maison convenable pour ce qu'on a en projet. M. du Bourg dit toujours: « Patience, mon enfant, remettezvous-en à la divine Providence. »

« Ce matin, à la communion, tandis que je soumettais tous mes désirs et toutes mes actions dans un entier abandon à sa volonté, la pensée que voici a traversé mon esprit : Pourquoi ne demandes-tu pas à Filicchi qu'il bâtisse pour toi?... Il pourrait toujours conserver

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la propriété de ce qu'on aurait bâti. — Certainement, avoir pensé à cela à un pareil moment , montre à quel point j'en ai un vif désir. En effet, je le désire aussi vivement que je puisse désirer quelque chose qui n'est pourtant pas encore de toute évidence la volonté de Notre - Seigneur. Si cette idée dont je vous entretiens vous paraissait réellement praticable, le lot de terrain est toujours prêt; et si l'on y construit un bâtiment, vous pourriez le posséder régulièrement, et prendre les garanties nécessaires pour assurer votre propriété. Et vous feriez là une si bonne action ! et , comme l'assurent nos Messieurs du collège et du séminaire, — de même que MM. Matignon et Cheverus, de Boston, — ce serait contribuer d'une manière toute spéciale au progrès de notre foi précieuse et procurer la gloire de Dieu!

« Ne soyez pas mécontent si j'en dis trop. Appréciez les motifs qui me font parler; et croyez- en l'assurance que je vous donne en résence de Notre-Seigneur, que je ne cherche pas ici une satisfaction personnelle. Que pourrais-je attendre d'une telle situation?... Vous savez bien que je ne cherche ni à me reposer, ni à m'anêter, ni à fuir la pauvreté. Les vœux que j'ai prononcés depuis longtemps déjà sont tels, que je n'aurais qu'à les renouveler si je

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