‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 203 sur 225 · CHAPITRE XIII i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII i

devenais une religieuse. La soif et la faim de mon âme n'ont qu'un seul et unique objet, la croix! Dans ce qui tient à la religion, je sais que vous n'aimez pas les singularités extérieures ; mais personne ne peut attribuer à votre convertie la moindre envie de se vouloir singulariser. Loin de là, s'il est une chose bien établie, c'est qu'elle est entièrement détachée du monde. Et soyez assuré que personne ne peut avoir plus de sérénité que je n'en ai ; ni faire plus que je ne fais, pour éviter toute singularité, n'importe de quelle sorte, excepté pourtant celle qui donne à mon extérieur l'apparence religieuse. Du reste, depuis tant d'années , ce dehors est devenu tellement le mien, que vraiment la singularité serait de ne plus l'avoir.

« Nous avons plusieurs des premières familles d'ici qui nous envoient leurs jeunes filles nous visiter, comme la maison où elles se pénètrent le plus naturellement des sentiments religieux. Aidez-nous, aidez-nous, cher Filicchi ! Soutenez-moi. Faites luire la petite chandelle sur le chandelier. Mais taisons- nous... Notre Dieu dirigera tout. Quoi que vous disiez ou fassiez, je le regarderai comme sa voix et comme sa volonté... J'ai deux pauvres sœurs •

I Cecilia et Henriette Selon.

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qui prendront leur vol bien joyeusement vers moi, si jamais j'ai une maison où les recevoir. Oh! Filicchi, combien elles embelliront et feront briller votre couronne !

« J'ai écrit à Antonio la semaine dernière, par l'ambassade de France, réservant cette lettre-ci pour l'ambassade d'Angleterre. Notre pays a fait entendre sa voix, à la fin. Vous voyez ! il a résolu de ne se point soumettre à l'un ni à l'autre tyran. Mais comme l'inconnu suspendu sur nous est rempli de terreur ! Je ne serais pas surprise, d'après ce que j'entends dire de ce grand fléau, s'il se faisait jour jusqu'à nous, détruisait nos sanctuaires, et venait fournir à plusieurs l'occasion d'un glorieux martyre. Cette crainte, je l'ai entendu exprimer par quelques-uns de nos premiers penseurs en politique... Mais le conseil d'en haut seul peut savoir... Cher Fihcchi, combien je désirerais vous revoir!... Hélas, et c'est ce que je ne dois pas espérer avant ce grand jour du jugement, où vous avez menacé de me citer. Je ne crains pas votre défi , maintenant ! vous me trouverez défendue 'par de nombreux enfants! Mais j'oublie qu'ils sont vôtres aussi. Où serions-nous sans vous et sans votre Antonio, qui, certainement, a combattu un rude combat contre le mauvais esprit qui était en moi?

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