‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 204 sur 225 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

« Adieu. Dites, je vous en prie, toutes les tendresses de mon cœur à votre chère Maria. Votre Annina se souvient de vous avec une grande affection. Elle est une ravissante et bien aimable jeune fille, et vraiment excellente. Nous prions pour vous continuellement. »

Un matin, Elizabeth se trouvait à la chapelle du séminaire de Sainte-Marie. Elle avait communié à la messe , et elle était demeurée longtemps en actions de grâces. Ce jour-là, parmi bien des demandes qu'elle avait adressées à Dieu , la plus fervente avait été pour qu'il lui accordât de le servir lui-même un jour en la personne des enfants pauvres. La soif qu'elle avait d'exercer la charité et de s'employer au service du prochain, pour le seul amour de Dieu, n'avait point encore trouvé à se satisfaire. A côté des enfants des familles riches pour lesquelles elle se prodiguait, il lui fallait des enfants pauvres. C'était à eux d'ailleurs que le premier rang avait toujours été réservé dans la pensée des prêtres Sulpiciens, lorsqu'ils avaient formé le projet de fonder à Baltimore une école catholique confiée à la direction d'une communauté rehgieuse.

Tandis qu'Elizabeth épanchait devant Dieu l'efîusion de ses désirs, à quelques pas plus

loin, vint s'agenouiller un nouveau converti, naguère protestant, M. Cooper, qu'elle connaissait de réputation seulement, pour avoir entendu dire qu'il était fort charitable et qu'il possédait une belle fortune. « Ah ! se dit-elle involontairement , en priant à la fois et se parlant à elle-même, très-cher Sauveur, quelle grâce j'obtiendrais de votre bonté si vous vouliez seulement me confier le soin des pauvres petits enfants! Voilà M. Cooper qui est là, devant moi, bien recueilli dans sa prière; il a de l'argent: si pourtant vous vouhez lui inspirer d'en donner un peu , pour qu'on pût apprendre à ces pauvres petits à vous connaître et à vous aimer! »

Le même jour, dans l'après-midi, elle rencontra M. du Bourg, et se mit à lui parler, comme il lui arrivait souvent, de ce désir qui ne la quittait pas de s'occuper des enfants pauvres. En continuant sur ce sujet, elle en vint à lui raconter les pieuses rêveries qu'elle avait eues à la chapelle le matin. Sur quoi M. du Bourg, devenu pensif et joignant les mains : « C'estune chose étrange, lui dit-il, que vous n'ayez parlé de tout ceci à personne, et que ce matin même j'aie reçu la visite de M. Cooper, qui venait près de moi pour connaître par quel moyen il pourrait contribuer à faire élever et instruire des enfants pauvres. « Si je con-

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