‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 205 sur 225 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

naissais quelqu'un, m'a-t-il dit, qui pût se se charger de cette œuvre, j'y consacrerais à l'instant une somme considérable. » Puis, ajouta M. du Bourg, après qu'il m'a eu expliqué ce qu'il était en mesure de faire , il m'a dit : « Croiriez-vousque M'"e Seton voulût nous seconder dans une telle œuvre? » — Ce sont là ses propres paroles. Vous comprenez la surprise que je viens d'éprouver en vous écoulant. La main du Seigneur est ici , et ma gratitude envers sa bonté égale ma confiance. »

L'accord de ces deux bonnes volontés, s' offrant au même moment dans une si sainte inspiration , avait à la vérité quelque chose de providentiel. L'imagination la plus froide en aurait été frappée. Ici, l'impuissante richesse ; là, l'impuissante pauvreté, tendant leurs mains l'une vers l'autre, et demandant à s'entr'aider pour devenir toutes les deux fécondes et agissantes. On eût dit qu'il ne restait plus qu'à commencer une œuvre si heureusement préparée ; mais M. du Bourg ne voulait rien de précipité. Elizabeth et M. Cooper furent invités à réfléchir chacun de son côté, libres de tout engagement, sans s'être concertés ensemble au préalable. Un mois donc s'écoula , pendant lequel elle et lui ne se rencontrèrent ni ne se virent , pas plus qu'au temps où aucun intérêt n'était commun entre eux. Tous les deux, après le délai con-

venu, revinrent trouver M. du Bourg. M. Cooper offrait une partie des fonds qu'il avait alors disponibles, huit raille dollars , — un peu plus de quarante mille francs. — Elizabeth promettait son concours et son dévouement sans réserve.

Par le zèle et l'ardeur de sa charité, M. Cooper était un digne enfant de l'ÉgUse catholique, au sein de laquelle il avait été appelé, après avoir d'abord appartenu à l'erreur. Chose étrange! jusqu'au jour où la foi l'avait éclairé de sa lumière, le grand mal de sa vie avait été l'indifférence religieuse : il était né pourtant au cœur du protestantisme , dans l'État de Virginie. La curiosité des voyages lointains avait passionné sa jeunesse, et l'avait conduit dans toutes les parties du monde connu. 11 revenait d'une de ces courses aventureuses, et prenait quelque repos à Paris, lorsqu'il y tomba fort malade.

La main de Dieu l'attendait sur son ht de douleur. Livré à de longues souffrances, il chercha sa consolation dans la sainte Écriture, qui, jusqu'alors , lui était demeurée presque inconnue. Quelle aimable et pénétrante lumière vient tout à coup s'offrir à lui ! Les doux récits de l'Évangile touchent son âme et la captivent. Il aime déjà ce Sauveur, dont l'amour pour nous l'attendrit. Sans le bien connaître encore, il

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