CHAPITRE XIII
hrûle de l'avoir pour ami et de devenir son diseipie. Pour le trouver, que fera-t-il? quel chemin lui faudra-t-il suivre? Son ignorance est extrême ; il ne connaît rien des choses de Dieu. Son trouble est grand ; à qui le confiera-t-il dans l'absolue solitude où l'a laissé sa maladie? Il n'a personne qu'il puisse appeler auprès de lui. Une voix cependant vient de se faire entendre. Il l'écoute. Que lui a-t-elle dit? — « Je suis près de celui qui me cherche. Il ne dépend que de toi, si tu veux m'avoir pour ami ! »
A quelque temps de là , il se trouvait à Londres. Le livre des Évangiles était dans ses mains, il le lisait et le méditait. La voix qu'il avait entendue lui parla de nouveau ; elle lui redisait les mêmes paroles : « Il ne dépend que de toi , si tu veux m'avoir pour ami. » — Entouré de protestants, en plein pays d'hérésie, plutôt que de se confier à l'un ou l'autre de leurs pasteurs, il ne chercha pour se guider qu'un ami dont le caractère lui inspirait du respect. Le conseil qu'il en reçut fut d'étudier, d'examiner les diverses communions chrétiennes, avec un cœur préparé d'avance à embrasser la croyance qui lui paraîtrait la mieux fondée.
M. Cooper était d'un caractère vigoureux, d'un esprit droit et sincère , une étude approfondie le persuada bientôt de la vérité du dogme
catholique. Il revint en Amérique , entra en relation avec M. Carroll, se mit sous sa conduite spirituelle, et fit abjuration entre ses mains à Philadelphie.
Gomme le nouveau converti appartenait au meilleur monde, qu'il était cité pour ses habitudes élégantes et remarqué pour la distinction de son esprit, son abjuration fit sensation dans le pays. On vit bientôt que voulant être à Dieu, il ne s'était pas donné à demi. Un des passages qni l'avait le plus frappé dans l'Évangile , est celui où Notre-Seigneur dit à ce jeune homme: Si tu veux être parfait , va, et vends ce que tu as, et le distribue aux pauvres. L'évangéliste nous a dit que cette parole rendit tout triste celui qui la recueilht de la bouche du Sauveur. Elle fit, au contraire, l'espérance et la joie de M. Gooper. Les mains divines de la charité le dépouillèrent de tout ce qu'il possédait; et quand il fut devenu pauvre pour l'amour de Jésus-Ghrist, il entra comme élève au séminaire de Baltimore, heureux de s'y préparer aux rudes labeurs de l'apostolat '.
1 Après avoir exercé pendant pins de vingt ans le saint ministère à Baltimore, dans la Caroline du Sud, et dans les missions lointaines, M. Cooper, dont la santé s'était épuisée, trouva en France une sorte de retraite, active encore et féconde en bonnes œuvres, auprès de son ami M. de Cheverus, cardinal et archevêque de Bordeaux. Ce fut en