‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 21 sur 225 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

toutes mes espérances de bonheur. Par elle, je continuerai de \ivre au sein de la félicité la plus parfaite qu'on ait jamais eue en ce monde, ou je me verrai plongée dans les derniers abîmes de U douleur. Un principe bien fixe chez moi, comme chrétienne et comme créature raisonnable, est de ne pas m'arréter aux pensées ni aux événements qui regardent l'avenir, lorsque je ne puis rien sur eux; malgré cela, maintenant, je ne regarde jamais le soleil couchant, je ne me promène jamais seule, sans que la mélancolie ne cherche à s'emparer de moi. Je m'y laisserais aller, si je ne me sauvais vite vers mon Anna, mon petit trésor, et si je ne la faisais appeler: papa! et m'embrasser un minier de fois. »

Il est des mères à qui l'enfant n'est qu'un jouet; à d'autres, il n'est qu'une idole. Pour les mères vraiment mères, les enfants sont le don de Dieu ; et ce n'est point , à leurs yeux , chose aisée que de se rendre digne de l'avoir reçu. La grandeur de cette lâche suffit à remplir leur vie. Elizabeth l'entendait ainsi. Assidue près de ses enfants , vigilante autant qu'aimante, ce qu'elle voyait en eux surtout, c'était cette âme dont elle aurait à rendre compte un jour. Bien avant de les mettre au monde, elle les consacrait au Seigneur. Inchnant devant lui son cœur tout inondé de sa joie maternelle ,

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elle lui offrait tendrement l'enfant qu'elle sentait vivre dans ses entrailles. « Il est à vous, mon Dieu, lui disait-elle. Recevez-le dès maintenant, pour le garder jusqu'à la fin. Un jour viendra qu'il vous dira dans une humble confiance : Exaucez-moi , car dès le sein de ma mère vous avez été mon Dieu ! »

Elle attendait le moment de leur baptême avec une impatience inexprimable; et, lorsqu'on les lui ramenait régénérés dans le sacrement de notre salut , son cœur s'épanchait en ferventes actions de grâces.

Plus tard, penchée sur leur berceau, elle épiait l'éveil de l'intelligence en leurs esprits si tendres. Elle se persuadait que leur éducation ne pouvait commencer assez tôt. Sur ses genoux caressants, ils apprirent d'elle en même temps à bénir Dieu et à prononcer leurs premières paroles. A mesure que leur piélé se développait, elle saisissait toute occasion qui venait s'offrir de les mieux pénétrer de ce devoir de la prière, si doux au cœur dès qu'il est compris. Elle veillait assidûment aux soins qu'exigeait leur jeune âge, justement empressée pour que rien ne manquât à leur bien-être matériel; mais elle s'appliquait encore davantage à former leur jugement et à développer leur cœur. Si vive que fût sa tendresse , elle ne dégénérait point en molle condescendance

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