‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 210 sur 225 · CHAPITRE Xlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xlll

vedo, qui, dans ces temps douloureux, vit réunis autour de lui jusqu'à deux cents prêtres émigrés français. Distingué par son mérite, même au milieu de cette tribu d'élite, M. Babad l'ut choisi pour aider à l'établissement d'un séminaire que l'évèque d'Orense voulait avoir dans son diocèse, sur le modèle du séminaire deSaint- Sulpice. Le bien qu'on attendait de cet établissement fut entravé presque aussitôt par la malveillance du ministre philosophe Godoy , tout,puissantalorsàla courd'Espagne. M. Babad s'éloigna d'un pays où son zèle ne trouvait plus à s'exercer. Il se rendit à l'île de Cuba, y reçut le meilleur accueil , et ouvrit immédiatement un collège pour l'éducation des jeunes gens. Ce fut à ce moment que ces Messieurs du séminaire de Baltimore lui envoyèrent comme coopérateurs M. Flaget et M. du Bourg. En parlant des travaux apostoliques de ce dernier, nous avons raconté par quel déplorable sentiment de jalousie le gouvernement espagnol contraria le vœu des habitants de l'île de Cuba, et fit fermer le collège que dirigeaient les Sulpiciens français.

Fixé désormais à Baltimore , M. Babad y remplissait au séminaire les fonctions de professeur; il desservait en outre plusieurs des congrégations religieuses établies dans la ville. Le respect que son caractère inspirait à Elizibeth la

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porta à le choisir comme directeur et père spirituel de la petite famille dont elle-même prenait un soin maternel. Ce fut lui qui, à l'entrée du printemps de l'année 1809, prépara quelques-unes des enfants du pensionnat à faire leur première communion. Cette touchante cérémonie eut lieu dans le temps pascal. Elle fut précédée des exercices d'une retraite, à laquelle Elizabeth prit part avec cet esprit recueilli et cette piété pleine d'émotion qui semblent l'heureux privilège de ceux que le Sauveur appelle à sa table sacrée, à sa table avec lui, pour la première fois. Le temps n'était pas éloigné oîi elle aussi avait fait sa première communion. Tant de souvenirs, de si profonds sentiments d'humilité, d'adoration, se réveillaient toujours en elle à la pensée de cette j ournée ! et tout maintenant la lui rappelait ! L'heure solennelle arriva. Elle l'avait attendue avec une impatience égale à celle des innocentes âmes qu'elle avait préparées à s'approcher de leur Seigneur. Ce qu'elle avait senti dans cette journée, elle eut hâte de le partager avec sa sœur, sa chère convertie de New-York. «. Oh! le céleste jour, CeciUa, lui dit-elle, la céleste semaine qui vient de se passer ! Imaginez-vous ce matin, nos jeunes filles toutes vêtues de blanc, et six d'entre elles, modestes comme des anges, recevant notre adorable

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Seigneur, des mains de notre vénéré père Babad ! Il avait passé toute la semaine à les préparer pour cette heure. Tous les soirs, la prière de l'amour, de l'adoration, faisait retentir notre petite chapelle. Ce matin , à l'autel de la chapelle souterraine consacrée à la sainte Vierge, dans les profondeurs de la solitude , il a célébré le saint sacrifice et donné la communion. De douces et rapides larmes tombaient sur ses pieuses mains tandis qu'il distribuait le pain sacré... Quelle scène ! Que n'étiez-vous là pour y prendre part! Bientôt après, le cher M. du Bourg descendit dans la chapelle et célébra la messe d'actions de grâces,qui fut servie par notre père Babad, dont les cheveux blancs paraissaient vénérables au delà de toute» expression... Tous les soirs maintenant nous avons lu Bénédiction : f\g\\vez-\ous une vingtaine de prêtres, pieux comme des anges, tout vêtus de blanc, entourés de la troupe nombreuse des jeunes séminaristes, vêtus aussi de surplis blancs, tous environnant dans un bel ordre le saint Sacrement exposé, et chantant l'hymne de la Bésurrection. Lorsqu'ils en viennent à cette parole: La paix soilavecvous (ous, on dirait que Noire- Seigneur est là, qui renouvelle la scène où il parut au milieu des disciples assemblés ^ »

1 Diicipuli.^ a.iiantihu? , — l.i medio slulif. Chri'ilaf, — Dicens, Pax vobis omnibui. — Alléluia. — Les (lisci[.iles I. 14

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Quelques semaines plus tard, l'automne avait commencé; et avec l'automne, le temps des vacances, pour le sommaire de Sainte-Marie comme pour la peiile école qui s'était élevée à son ombre. M. Babad, délié, pendant leur durée, de ses devoirs de professeur, n'avait usé de sa liberté que pour aller à Philadelphie en mission apostolique. Comme il était dans cette ville , il y fit la connaissance d'un homme de bien, M. O'Conway, fervent catholique, dont la lille Cecilia, attiiée par une haute vocation, se préparait à passer en Europe pour se con.'^acrer au service de Dieu dans une maison religieuse.

La résolution tics-arrctée qu'avait prise celte pieuse jeune fille ne put empêcher qu'à la veille de quitter son père elle ne sentit, plus peut être qu'elle n'avait prévu, le déchirement d'une si grande séparation. Comme elle en parlait tristement en présence de M. Babad , celuici, saisi d'une inspiration soudaine: « Je crois, lui dit-il, que, sans quitter les États-Unis, vous trouveriez l'asile qui vous conviendrait. Non loin d'ici, à Baltimore, s'est fixée une sainie veuve dont la vertu fait l'admiration de tous ceux qui l'approchent. Vous trouveriez, je crois,

étant assemLlés, — Jésus parut au milieu d'eux, — Disîtit: La paix soit avec vous. — Alléluia. [Chant pour le saint jour de Pâques et le Temps pascal. )

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