N0TE3 5C
NOTE 5 (Voir page 22 î.)
La secte des anabaplisles prit naissance en Allemagne vers l'an lôl^. Le* nus lui atuihuent pour fontl.iteur Cailoi.ladl; d'iiulres Zwi-gle; d auties encore, Thomas Mnnctr. Le nom d'anabafitistes, qui vient de deux mots grecs dont la signification est //(ijjiis''r//eie<:/,ef'. a t'té doniiéà ces soctair. s parce qu'ils son! dansTufeagede i ai'tiser de nouveau ceux qui ont été Ijaptisés d.ms leur enfance, avant r.Uje de raison. Ils ne confèrent le bnpième qu'aux adultes. C'est par immersion qu'ils le donnent, et non par aspeision.ToLit individu , dans leur Église, a droit à la prédication, suivant qu'il se sent inspiré par llisprit de Dieu. Au comiriencement de ce siècle, les anabaptistes formaient déjà neuf congrégations dilTérentes aux États-Unis; chacune d elles avat ses assemblées et ses ministres Ce furent des anabaptistes, proscrits et chassés d'Alleniayne, qui fondèrent, au xvi= siècle, en .Moravie, les premiei's élablitsemeiils dits des Frères Moi-aves.
NOTE G (Voir page ï2k)
La sec'e des méthodistes, qai se rapproche beaucoup de la secte des llernliules ou Fiéres Moruves, née au seiu du liitiiéianisme, a eu pour fondateur John Wesley, qui l'importa d'Angleterre en Amcnque dans l'anuée ITJÔ.
AVhiteiield, que AVesley s'adjoignit à cette époque, mais dont il se sépara plus tard avec éclat, contribua pour une grande part aux pro;;rès de la nouvelle secte. Ce fut surtout parmi les gens de condition obscure qu'elle trouva des adeptes. Dès le commencement de ce siècle, elle avait attiré à elle la plupart des esclaves aux États-Unis. Le nom de rnétliocUsles , donné à "Wesley et à ses premiers coopérateurs, avec une sorte de raillerie pour la minutie avec laquelle ils assujettissaient à des règles fixes l'emploi de leur temps et leurs moindres occupations , a lini par être adopté comme une dénomination sérieuse.
NOTE 7 ( Voir page 230. )
EXPOSITION ET DÉFENSE DE LA. DOCTRINE CATHOLIQUE Écrite par Filippo Filicchi pour Elizabeth Selon.
« Il suffirait qu'un seul de nos dogmes fût bien compris, pour que la discussion de tous les autres devint superflue : je veux parler du dogme de l'autorité de l'Eglise dans l'interprétation du sens' des Écritures. Je commencerai donc par celui-ci , et après quelques remarques sur les autres points, je m'en référerai, pour une plus ample explication, aux ouvrages que je vous ai donnés. La vérité ne craint pas la discussion ; mais la vérité ne peut être manifestée que par la grâce de Dieu, laquelle est accordée seulement à ceux qui sont humbles de cœur; à ceux qui cherchent cette vérité dans la sincérité de leurs âmes; qui ne s'en remettent pas à leurs propres lumières et à leur propre science pour la trouver; qui prient pour l'obtenir, et qui ne la cherchent pas par une vaine curiosité, llérode
était curieux de voir quelques miracles opérés par Jésus- Christ; mais sa curiosité ne fut pas satisfaite. Demandez, et vous recevrez, dit Notre-Seigneur. Mallieur à ceux qui sont sayes à leurs propres yeux et prudents à leur propre vue, s'écrie Isaïe. Ne soyez pas sages dans vos propres pensées, disait l'Apôtre aux Romains.
« Après ce court avertissement sur les moyens que vous devez prendre pour être rendue digne de connaître la vérité, et sur les dangers que vous devez éviter dans votre recherche , j'arrive au point en question.
(( Les protestants s'accordent avec les catholiques pour affirmer que c'est le devoir d'un chrétien de croire tout ce qui est contenu dans l'Ancien et dans le Nouveau Testament, parce que ce livre est la parole même de Dieu. Les uns et les autres reconnaissent que la foi est nécessaire au salut. Celui qui ne croit pas est déjà condamné, dit saint Jean. Sans la foi il est impossible de plaire à Dieu, ajoute saint Paul.
« Si je suis obligé de croire , je dois savoir ce qui mérite d'être cru. Qui m'enseignera cette science ? On me répond : « La Bible sera votre école, vous y trouverez la vérité , toute la vérité , et rien que la vérité. » — Cette réponse est juste dans un sens général; mais je trouve que ce n'est pas assez de lire la Bible ; il faut encore la bien entendre. Je remarque que, sans exception, toutes les communions chrétiennes, si variées qu'elles soient, fondent leur croyance sur la Bible; et pourtant elles diffèrent entre elles sur les points les plus essentiels. Il n'est pas une seule hérésie que son auteur ne soutienne comme étant appuyée sur les saintes Écritures. Il est à peine un passage de l'Évangile qui n'ait été compris et interprété , par plusieurs , en opposition directe avec le sens que d'autres y ont donné. Quand je vois les plus savants hommes de tous les temps et de tous les pays différer entre eux d'une façon si complète, com-
ment oserais-je espérer qu'il me sera permis de me fier à ma capacité et à mon jugement, et de m'en rapporter à mes opinions? Je reconnais que je ne suis pas à la hauteur de cette tâche, et que la Bible ne me suffit pas, si elle ne m'enseigne pas le moyen de l'entendre comme il faut qu'elle le soit.
« Je pense qu'à ma place tout autre serait aussi embarrassé que moi , et qu'il n'y a personne qui , n'ayant pas de guide , puisse être ferme dans sa foi , parce qu'il n'y a personne qui puisse être assuré de ne pas se tromper. Où trouver ce guide? Notre-Seigneur y a pourvu pour nous. Il sait bien que l'homme laissé à lui-même est sujet à l'erreur et demeurerait toujours dans l'obscurité. C'est pourquoi il ne s'est pas contenté de nous dire que nous devons croire ; mais il a établi une Église de laquelle nous pouvons apprendre sûrement tout ce que nous devons croire, sans courir le danger de nous tromper.
« Je réclame de vous une attention toute particulière sur ce point. 11 est des plus essentiels. On peut dire , en un certain sens, qu'il contient toute la loi et tous les prophètes.
« Et moi jeté dis que tu es Pierre , et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Personne ne peut entendre ces derniers mots dans un autre sens, sinon que cette Eglise demeurerait à jamais exempte d'erreurs; puisque l'enfer prévaudrait contre elle , du moment où elle tomberait dans l'erreur. Dans un autre endroit, Notre-Seigneur dit aux apôtres : Allez et enseignez toutes les nations.,., leur enseignant à observer tout ce que je vous ai commandé; et voici que je serai avec vous jusqu'à la consommatio7i des siècles.
« Il est évident que , comme les apôtres devaient mourir, la promesse de demeurer avec eux jusqu'à la consommation des siècles , afin qu'ils pussent enseigner tout ce que Jésus leur avait commandé, doit se rapporter aux
successeurs des apôtres , aussi bien qu'aux apôtres euxmêmes.
« Jésus-Christ, s'adressant à son Père, dit encore en parlant de ces mêmes apôtres : Sanctifiez- les dans votre vérité; votre parole est vérité. Et moi-même, j^e me suis sanctifié pour eux, afin qu'ils fussent aussi sanctifiés dans la vérité. Ce n'est par pour eux seulement que je prie, mais pour tous ceux qui croiront en moi par leur parole,
« Ce passage montre clairement que Jésus n'a pas pour\'u en faveur des apôtres seulement aux moyens de maintenir la pureté de la foi ; mais qu'il y a pourvu aussi en faveur de ceux qui devaient apprendre la vérité de la bouche même ou de la tradition des apôtres.
« Saint Paul définit dans les termes les plus clairs l'Eglise de Jésus-Christ. Il l'appelle : La colonne et le fondement de la vérité. L'Eglise de Jésus-Christ , remarquez bien ceci, est la colonne et le fondement de la vérité ; elle ne peut donc pas défaillir ni errer. Remarquez comme saint Paul développe bien par ces paroles la pensée qu'avait eue son Maître lorsqu'il avait dit: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle.
« Nul chrétien ne saurait donc nier qu'il y a une Église établie par Jésus-Christ; une Église qui ne peut défaillir, qui ne peut errer; une Église que doivent par conséquent choisir pour guide ceux qui désirent trouver la vérité. IMaintenant nous n'avons plus à craindre de mal entendre les Écritures; nous avons un guide sûr. Suivre ce guide, c'est à la fois notre intérêt et notre devoir. Notre intérêt, parce que, si nous n'étions pas guidés, nous ne serions jamais certains de ne pas errer dans notre foi^ et nous ne saurions nous soustraire à un état de doute et de perplexité continuelle; notre devoir, parce que Jésus-Christ nous a ordonné d'écouter l'Église.
« Jésus-Christ a dit aux apôtres : Qui vous écoute, m'é-
coûte ; et qui vous méprise, me méprise. Que celui qui refuse d'écouter l'Église, soit pour vous comme un païen et un publicain.
« L'Église est dirigée par l'Esprit-Saint. Telle a été la croyance des apôtres ; et ils l'ont enseignée lorsque, s'étant réunis pour régler certains points de discipline sur la conduite des premiers fidèles, ils ont fait la déclaration que
voici : Car il a semblé bon au Saint-Esprit, et à nous,
de ne pas vous imposer un fardeau plus grand que ces choses qui sont de nécessité. Et de fait, une Église qui pourrait errer, on ne serait pas obligé de l'écouter; puisque l'écouter, ce serait se mettre en danger de s'égcirer.
« La raison, donc, aussi bien que les saintes Écritures, nous enseigne que le pouvoir d'interpréter le sens de la parole de Dieu réside dans l'Église, qui est la colonne et le fondement de la vérité. Notre devoir de soumettre notre opinion à son jugement est une conséquence naturelle de son autorité.
« Les protestants ont vu la nécessité de reconnaître l'autorité de l'Église , et ils en ont fait un des articles de leur profession de foi : « L'Église, y est-il dit, a pouvoir pour établir des rites et des cérémonies, et autorité pour résoudre les points controversés de la foi. » Art. XX. — Ils accordent à l'Église l'autorité pour résoudre les points controversés de la foi , et néanmoins , par une contradiction étrange, ils ne lui accordent pas le privilège de l'infaillibilité. Us affirment qu'elle peut errer; « car, disentils, les conciles généraux, quand ils sont assemblés, en tant qu'ils sont une réunion d'hommes où tout n'est pas gouverné par l'esprit et la parole de Dieu , peuvent errer, et quelquefois ont erré , même sur des points qui concernaient la Divinité. » — .\rticle XXL
« Cette doctrine a quelque chose d'étrange. Que veulent-ils dire quand ils accordent que l'Église a autorité pour interpréter les poipts controversés de la foi ? Avoir
autorité pour interpréter , et n'avoir point autorité pour interpréter toujours selon la vérité , est un privilège qui n'a pas grande valeur. Si les apôtres avaient dit qu'ils avaient pouvoir pour guérir les malades , mais non pas pouvoir pour les guérir en réalité, qu'est-ce que nous en aurions pensé? L'autorité de l'Église pour décider les points controversés ne peut s'entendre que dans deux sens : ou c'est le pouvoir de comprendre les Écritures selon la vérité, ou c'est le pouvoir de soumettre les fidèles à des décisions convenues. Si on adopte le premier sens, on doitreconnaître que l'Église ne peut errer; si on adopte le second sens , on doit reconnaître que c'est une prétention étrange que celle de vouloir obliger les gens à soumettre leur opinion à une autorité sujette à errer.
« Concluons : Jésus-Christ a établi une Église, dont saint Pierre devait être le chef. C'est lui-même, notre Sauveur , qui Ta affirmé de sa propre bouche. Cette Église ne peut défaillir ni errer , nous en avons la certitude par les paroles de Jésus-Christ lui-même et par celles de saint Paul. Cette Éghse doit être notre guide pour déterminer notre croyance et pour régler notre conduite. Ce principe est la conséquence naturelle de notre foi à son autorité et à son infaillibilité. De plus , l'obéissance à ce principe est une chose qui nous a été commandée.
« Après en être arrivés au point où nous en sommes, le premier pas à faire devra nous conduire à chercher quelle est cette Église établie par Jésus-Christ, cette colonne et ce fondement de la vérité'. Comme je m'adresse à une personne élevée dans la croyance protestante , il n'est pas besoin que j'examine le mérite de cette Église. Je me bornerai à prouver que l'Église protestante , autrement dite l'Église réformée ou l'Église anglicane, n'est pas l'Église fondée par Jésus-Christ.
« Ce point est facile à établir. L'Église de Jésus-Christ commence à saint Pierre, l'Église protestante date du
commencement de l'année 1517. Où pouviez-vous trouver une Église protestante avant cette époque? Quel était son nom? Où donc ses membres s'assemblaient-ils? Où enseignaient-ils? Ces questions restent sans réponse. Les titres mêmes que prend cette Église attestent sa récente originine : protestanie, indique une opposition à la doctrine qui prévalait auparavant; réformée, montre qu'un changement a été introduit. Son nom d'anglicane ne lui donne pas de titre à une plus haute antiquité , puisque tous les historiens anglais conviennent que la doctrine de la foi catholique romaine était celle qui prévalait en Angleterre avant la réforme imaginée par deux moines catholiques, Luther et Calvin, qui ne donnèrent aucune preuve de leur mission, n'ayant ni l'un ni l'autre opéré aucun miracle , comme en opérèrent Moïse et Jésus-Christ : le premier , lorsqu'il substitua la loi écrite à la loi de nature ; le second, notre divin Maître et Sauveur, lorsqu'il substitua la loi de grâce à la loi écrite. Mais loin de là , Luther et Calvin , ces deux premiers réformateurs, montrèrent par l'immoralité de leur conduite privée et par les nombreuses variations de leurs propres principes , qu'ils n'étaient ni sages ni saints. Pour vous prouver ces dernières assertions, je vous renvoie àBossuet dans son Histoire des variations des Églises pi'otestantes.
« Puisque nous savons avec certitude, par le témoignage unanime des historiens d'Angleterre et d'Allemagne , la naissance de l'Église protestante, nous savons par cela même qu'elle ne peut être appelée une Église mère , mais qu'elle doit être le rejeton de quelque autre Église. Une Église qui a pris naissance en 1517 ne peut avoir la prétention d'être l'Église de saint Pierre, à moins qu'elle ne prouve sa descendance d'une autre Église qui ait rempli l'intervalle des siècles écoulés entre saint Pierre et l'année 1517.
« Le choix de nommer cette Église mère , je le laisserai
à ceux qui sont ses défenseurs ; mais voici comme je raisonnerai: l'Église protestante dérive d'une vraie Église ou d'une fausse Église. Si l'Église protestante vient d'une vraie Église , la réforme qu'elle a voulu opérer , les changements qu'elle a voulu introduire, sont une rébellion qui ne saurait être justifiée, puisque la vraie Église , cette Église qui est la colonne et le fondement de la vérité , était sainte, pure, exempte de toute erreur. Prétendre la réformer, modifier sa doctrine, y opérer un changement quel qu'il soit, doit être une prétention coupable. Si l'Église protestante vient d'une fausse Église, tous les changements qu'on lui fait subir sont en effet justifiables; mais elle ne peut plus se dire la vraie Église , puisqu'elle ne descend plus de l'Église de saint Pierre. Enfin , nulle Église ne peut être véritable, si elle ne vient pas en ligne droite de l'Église de saint Pierre, sans altération ni changement dans sa doctrine. L'Église protestante, qui a commencé en 1517 , ne peut nommer aucune Église préexistante qui ait maintenu sans interruption la même doctrine que celle qu'elle professe actuellement; donc elle n'est pas la vraie Église.
« Je n'ai jamais lu ni entendu une réponse plausible à cette question : Où donc existait-il une Église protestante, avant l'année 1517? — Et parmi les Églises protestantes qui existent maintenant, laquelle pourrait-on citer qui ait professé depuis seulement cinquante ou cent ans la même doctrine? Comme on ne saurait en citer une seule , on est forcé d'admettre que toutes ont erré; or, si cela était vrai que toutes les Églises ont erré , il ne serait pas vrai de dire que les portes de P enfer ne sauraient prévaloir contre l'Eglise fondée par Jésus-Christ; il ne serait pas vrai de dire que Jésus-Christ a tenu la promesse qu'il a faite aux apôtres, lorsqu'il leur a dit : Je serai avec vous toujours et jusqu'à la consommation des siècles. Loin de là, il faudrait dire que sa prière n'a pas été exaucée lorsqu'il de-
manda à son Père que les apôtres fussent sanctifiés dans la vérité; non pas eux seulement, mais aussi ceux qui croiraient en lui d'après la parole des apôtres. Il faudrait dire que saint Paul s'est trompé lorsqu'il a appelé l'Église la colonne et le fondemeiit de la vérité ; que les apôtres se sont trompés , et ont trompé les autres , lorsqu'ils ont affirmé que ce qui semblait f)on à eux semblait bon également au Saint-Esprit; il faudrait dire que le commandement d'écouter l'Église est un mensonge , et que tous les chrétiens sont laissés en proie à l'erreur. Voilà tous les blasphèmes qu'il faut admettre pour justifier la réforme.
« Parmi les protestants, quelques-uns ont senti la force de ces arguments : ils ont dit qu'à la vérité on doit reconnaître une continuité de croyance , exempte de toute corruption, au sein de l'Église de Jésus-Christ; que cette croyance y a été conservée sans interruption , mais seulement par un petit nombre de fidèles , lesquels n'ont jamais osé en faire profession déclarée au milieu de la corruption générale.
« Ce subterfuge est peu redoutable. Les protestants ne nomment point ces fidèles privilégiés; ils ne donnent point de preuves de l'assertion qu'ils mettent en avant; or une assertion dénuée de preuves ne mérite pas qu'on y prenne grande attention. Au surplus, en faisant à nos adversaires la part la plus large , c'est-à-dire en supposant que leur assertion fût vraie, il s'ensuivrait que, pendant une durée de plusieurs siècles, il n'a plus été possible de trouver une Église visible. Vous pourrez voir dans le Traité de l'infaillibilité de l'Église la nécessité d'une Église visible. Quant à moi, il me suffit que la nécessité qu'il y a pour elle d'être visible soit admise par la profession de foi de l'Église anglicane. — Article XIX. — « L'Église visible du Christ, y est-il dit, est une société de fidèles dans laquelle est enseignée la pure parole de Dieu. »
« Je suis obligé de vous renvoyer, pour vous éclairer sur tous ces points, aux livres que je vous ai donnés, et en particulier au Traité de James; en les étudiant, vous serez bientôt persuadée que l'Église catholique est la véritable Église. Pour développer tout ce qui est relatif à cette question, il faudrait avoir un talent supérieur, de vastes connaissances , une grande instruction et de plus amples loisirs que je n'en ai. Je me contenterai de vous faire remarquer que la succession des pontifes romains depuis saint Pierre jusqu'à Pie VII, qui est aujourd'hui assis sur e trône de saint Pierre, est aussi bien établie que la suc cession des rois de France ou des rois d'Angleterre. Saint Jérôme, saint Augustin, et tous ceux des autres Pères que les protestants citent comme des autorités, étaient des catholiques romains; ils ont place dans nos litanies, et sont invoqués par nous comme des saints. Si les protestants objectent que, nonobstant l'antiquité de notre Église et la succession régulière de nos souverains pontifes, nous avons introduit de monstrueuses erreurs dans notre Symbole , je leur ferai cette seule réponse : Si l'Église romaine a erré, il doit y avoir quelque autre Église qui n'a pas erré, et je les prie de me la nommer; car il est impossible d'admettre que le monde ait été un seul jour privé de la véritable Église.
« Après m'ètre ainsi étendu sur la nécessité de reconnaître l'existence d'une Église non sujette à l'erreur, d'une Église dont la naissance n'ait pas eu lieu plusieurs siècles après Jésus-Christ, j'expliquerai brièvement les autres points de notre profession de foi. La brièveté de mes réflexions ne devra pas être considérée comme une pénurie d'arguments; puisque après tout il suffirait maintenant d'énoncer les points de doctrine, et de dire : Tel est l'enseignement et telle est la foi de l'Église de Jésus- Christ.
« En effet , du moment où nous avons établi avec certi-
tude que l'Église catholique est la véritable Église , nous admettons que l'étude de la religion n'est pas aussi difficile ni aussi compliquée qu'elle avait pu nous paraître ; nous comprenons quelle n'exige pas cette supériorité d'intelligence qui est le partage exclusif d'un très-petit nombre d'esprits; qu'endn elle ne requiert pas qu'on lui consacre un temps que beaucoup de gens seraient dans l'impossibilité de lui accorder i. »
(Voir page 286.)
M. Hamon, curé de Saint-Sulpice , l'historien de la vie du cardinal de Cheverus , s'exprime ainsi : «... M"''^ Selon , dame illustre , élevée dans le protestantisme , distinguée par sa naissance et par sa fortune , mais plus encore par la trempe énergique de son âme et la droiture de ses vues, était alors à New-York 2, cherchant la vérité avec un désir sincère de la connaître , et ne trouvant point dans sa religion le repos de la conviction et la paix du cœur. D'après la grande renommée de M. de Cheverus , elle avait conçu le désir d'avoir des entretiens avec lui ; mais comme elle ne pouvait faire le voyage de Boston?
1 Malgré sa brièveté, la suite de cette exposition de la doctrine catholique est encore trop développée pour que nous ayons pu lui donner place ici. Nous nous sommes bornés à en citer ce qui concerne le dogme de l'existence et de l'autorité de l'Église; ce dogme qui, bien compris, ainsi que le dit Filippo Filicchi, rendrait presque superflue la discussion des autres articles de notre croyance.
2 II y a Philadelphie, dans l'original, au lieu de Xew-York ; nous nous sommes permis de corriger cette légère erreur
on le pria de venir lui-même au-devant de cette âme qui cherchait avec tant de droiture l'entrée du bercail. S'il n'eût écouté que l'inspiration de son zèle , il serait parti à l'instant même ; mais sa délicatesse l'arrêta ; il lui sembla que ce serait manquer au clergé de New- York , et mettre ostensiblement la faux dans la moisson d"autrui, que d'aller se présenter pour donner des leçons de catholicisme en cette ville. Il fit donc dire à M™^ Seton qu'il ne pouvait aller conférer avec elle; mais que, si elle voulait traiter la chose par lettres , il s'estimerait heureux de lui donner toutes les explications qu'elle pourrait désirer. M™<= Seton se décida à ce dernier parti, et exposa ses doutes et ses difficultés dans plusieurs lettres où l'on reconnaissait toute la grâce de son esprit et toute la droiture de son âme. M. de Cheverus répondait sans tarder et faisait à chaque difficulté une réponse si claire , si précise et si solide , qu'il était impossible de n'en être pas frappé ; mais en même temps , convaincu que la foi est une grâce , qu'il n'est point au pouvoir de l'homme de se la donner ni de la donner à autrui , il priait avec ferveur et offrait le saint sacrifice pour le succès d'une affaire si grave. M^^ Seton, à la lecture de ces lettres, crut voir un rayon de lumière descendre du ciel pour dissiper ses ténèbres. »