‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 24 sur 225 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

jaune fut très - remarqué alors qu'il parut; le style en est concis et clair; les faits, exposés avec méthode, y sont appréciés avec sagacité : c'est avant tout une œuvre pratique , telle qu'on la pouvait attendre d'une expérience pénible et hasardeuse de la maladie. Les observations de Richard Bayley et plusieurs mémoires qu'il adressa au gouverneur Jay sur la fièvre de i 798, donnèrent lieu à l'adoption d'un ensemble de règlements proposés par lui, afin d'assurer à la ville les conditions d'un meilleur état sanitaire. Ses concitoyens furent redevables à son initiative, et ensuite à son concours, de leurs lois sur les quarantaines, lois de préservation si efficaces pour eux.

Pendant qu'il se donnait à ces travaux , souvent arides et fatigants, cet homme excellent ne connaissait pas de délassement plus cher que l'aimable société de sa fille et ses tendres soins. Tantôt Elizabeth échangeait avec lui ses impressions les plus intimes, l'associait à ses lectures et aux occupations de son esprit; tantôt elle le retenait captif auprès de son piano pendant des heures entières, sous le charme de son jeu ou de sa voix. Si quelque rare circonstance les séparait, il y avait entre ce père vénéré et cette fille tendrement chérie un échange de lettres continuel. La gaieté , la confiance, le plein épanouissement du cœur,

s'unissaient pour leur faire goûter les jouissances les plus douces, et s'alliaient chez tous les deux à une élévation d'esprit remarquable. Les pages d'Elizabeth même les plus rapidement écrites portent toujours une empreinte religieuse; aux souhaits de santé, de prospérité qu'elle envoie en terminant viennent s'ajouter les vœux que sa piété lui inspire : « Que le Seigneur vous accorde sa paix ! — La dernière des occupations de cette soirée sera ma prière pour vous, mon père. »

Bien qu'éloignée de lui , elle se voyait sous son regard, comme s'il eût été présent auprès d'elle. « Votre esprit, lui écrit-elle, environne votre enfant , qui se garde de la moindre parole que vous pourriez condamner, et s'attache à faire tout ce qui mériterait votre approbation. »

Voyez cette heureuse maison , ce toit qui semble à l'abri dans un des plis de la vallée ; une bande de gais oiseaux s'y est reposée un instant ; ils passent maintenant à travers les airs , prêts à disparaître. Telles les prospérités d'ici-bas allaient déserter le foyer d'Elizabeth. Nul n'aurait pu les retenir, car elles en furent emportées par le cours des événements qui amenèrent le fléau de la guerre aux États- Unis.

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