‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 26 sur 225 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

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autre ordre d'idées , des intérêts qui excitent en moi de bien plus vives préoccupations. Si je pouvais en assurer le succès, je m'estimerais trop heureuse, et jamais je ne vous fatiguerais de ce 'qui n'est en comparaison que la bagatelle d'un jour. »

Ainsi consolé, soutenu, doucement reporté vers de hautes pensées, William-Magee Seton supporta l'amertume de sa situation avec une âme ferme et chrétienne. Elizabeth, beaucoup moins occupée d'elle-même que de ses enfants et de lui, écrivait à sa belle- sœur Rebecca Seton : « Combien je voudrais pouvoir causer longuement avec vous, sans vous dire un seul mot de nos affaires ! Elles sont si tristes qu'on n'y peut penser. Mais cela ne vient nullement de mon William. Jamais mortel ne supporta avec autant de fermeté, autant de patience, les coups de l'adversité qui vont toujours s'appesantissant sur nous. »

Nous savons par Elizabeth qu'une parfaite union régnait entre les enfants orphelins de "William Seton, et faisait la consolation de ces jours d'épreuve. « Notre père bien -aimé, ditelle, avait élevé sa famille dans les sentiments d'une telle harmonie, d'une telle affection; tous y annoncent ou y possèdent de si bonnes et si aimables dispositions que, si William

peut seulement arriver à ce qu'il leur reste un peu de bien-être, nous conserverons nos espérances de bonheur. » Au mois de mai 1799, elle écrit à Lady Cayley, — Isabella Seton, — une tante de son mari : « En ce temps de calamité, quand tout est ébranlé, quand tout est menace , ce qui dépend seulement de nous , c'est de demeurer une famille bien unie , où chacun contribue de tout son pouvoir au bonheur de chacun. Dieu sait que nous en avons maintenant bien peu de bonheur; et nous n'en attendons que bien peu, jusqu'à ce que le temps , qui arrange toutes choses, les arrange pour nous, ou plutôt nous accoutume à un changement qui nous a dépouillés de ce que nous estimions le plus. J'ai dans ces heures de chagrin, non -seulement à soutenir le courage de mon William, mais aussi à me soutenir moi-même, attendant d'un jour à l'autre la naissance d'un pauvre petit être, mon troisième enfant. »

Le cher petit être qu'Elizabeth attendait ne tarda pas à venir ; ce fut un fils, Richard. Il naquit le 20 juillet 1798.

Les épanchements de l'amitié la plus confiante, la plus expansive qui fut jamais, nous laissent voir cette jeune femme, cette jeune mère, dans le profond changement de sa si-

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