‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 51 sur 225 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

pourrais tâcher de lui plaire en la supportant patiemment, et en souffrant pour lui; — Mon Anna, tu lui plais tous les jours, quand tu m'aides au milieu de mes chagrins. — Ah! croyez-vous, maman? Dieu soit béni!

Dieu soit béni ! » — Après déjeuner, lu nos psaumes à mon William, et le trente -cinquième chapitre d'Isaïe ; nous y avons trouvé un charme tel, que cela nous a rendu tout joyeux. Il a lu, à la demande de la petite Anna, le dernier chapitre de l'Apocalypse; mais l'accent de cette voix !... Non, il n'y a pas de cœur qui y eîit résisté!... Encore la tempête en mer, et le vent qui souffle, et un froid si vif! Williafn, avec une couverture sur ses épaules, se traîne vers le feu de notre vieux serviteur; Anna saute à la coide, et M™»^ Eiizabeth fait cinq à six fois de suite, sans s'arrêter, le tour de la chambre, en sautant sur un pied. — Vous en riez , ma sœur, mais c'est un très -bon exercice, et qui réchauffe plus vite que le feu quand on se remue de bon cœur. — Chanié des hymnes et lu les Prophètes à William, qui frissonnait sous ses couvertures. — Senti que Dieu est avec nous, et qu'il est notre tout. — Sa fièvre devient brûlante ; rien que sa respiration fait trembler son lit 1 — Mon Dieu ! mon Père ! »

Saint André. — 30 novembre.

« William a pu retourner auprès du feu, dans la cuisine. — La nuit dernière , trente ou quarante pauvres créatures de toutes les nations, Grecs, Turcs, Espagnols, Français, venant de faire naufrage, sont arrivés ici. Point de matelas, point d'habits, point de nourriture. De grandes jaquettes, et pas de chemises; ou des chemises, et pas d'habits. On les a entassés tous dans une seule chambre aux murailles nues, avec une cruche d'eau, en attendant que le commandant en chef trouvât le temps de s'occuper d'eux. Notre capitano dit qu'il ne peut rien faire sans avoir des ordres : Patienza. E che voleté, Signoraf — Anna dit : (( Maman, malgré que nous ayons si froid, et que nous soyons dans une prison, comme nous sommes heureux en comparaison d'eux! Et puis, nous avons la paix, tandis qu'eux ils ne font que se quereller, que se battre, et ils crient tout le temps. Le capitano nous envoie jusqu'à des marrons et des fruits de sa propre table; eux, ils n'ont pas même de pain. » — Nous avons récité notre office de chaque jour auprès du lit de William ; il se figurait que cela arrêterait ses frissons. L'âme de mon WiUiam est abattue ; elle a peine à embrasser

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