‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 53 sur 225 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

au lazaret, mais le matin il peut aller chez lui, une heure ou deux. Il n'y a pas eu moyen de lui accorder plus de temps, à cause de son emploi : e che voleté, Signora! » — Père cléinent et miséricordieux, qui donnez plein contentement à honnête cœur avec trois sols et six deniers par jour! une femme et deux enfants à nourrir avec de si faibles ressources ! faites que je me souvienne de Filippo quand quelque chose me manquera, ou quand je penserai que quelque chose me mantjue. Il a vingtdeux ans, sa femme en a dix-huit : ma pensée s'envole là-bas vers H*" et vers B"\ ces trèschers.

« Venue à la grille avec la petite Anna pour chercher une poupée que lui a donnée la fille du commandant. C'est elle-même qui la lui a faite. Comme elle se tenait tendrement au bras de son père ! elle a l'air si doux et si bon ! Elle vient de refuser des offres de mariage , parce qu'elle ne veut pas se séparer de lui. Ah ! que de souvenirs se sont reveillés en moi tandis que je la regardais ! »

1" décembre.

« Levée entre six et sept heures, avant que le jour eût paru. La lune était brillante en face

de notre fenêtre ; sa clarté l'emportait encore sur l'aube qui naissait. Pas un souffle de brise. La mer, que j'avais vue jusqu'alors si violente, semblait caresser les rochers qu'elle avait battus tant de fois. Autour de moi, tout était calme et repos. Là -haut seulement, comme deux points dans l'azur, deux petites mouettes blanches se jouaient au-dessus de ma tête. Elles ont pris leur vol vers l'ouest ; vers ma maison, là-bas, vers mes amours, — oh ! non, pas cette pensée ! — elles ont pris leur vol vers le ciel. Et j'ai essayé d'envoyer mon âme vers le ciel. Et l'ange qui apporte la paix est venu au-devant d'elle, il a versé sur elle l'onction de la confiance, de la prière et de l'amour. Chassant au loin toute vaine terreur, il l'a amenée vers son Sauveur et son Dieu. C'est vous, ô Dieu, que nous louons '. Hymne suave, dans laquelle il me semble toujours que mon âme se rencontre avec les âmes de ceux que je chéris , et Notre Père. Ces deux prières sont véritablement l'union de l'amour et de la louange ; en elles, nous trouvons tout. — A dix heures, lu avec William et Anna. — A midi , il a reposé, et Anna s'est mise à jouer dans la chambre à côté. Je me suis trouvée là seule ; seule à tout au monde ; un doux repos d'es-

1 Te Deum laudamus.

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