‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 55 sur 225 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

de hautes murailles, plus de verrous. Pour l'âme qui s'appuie sur lui , bien qu'accablée des soucis du présent et des sombres menaces de l'avenir, il n'y a point de tcistesse. Jamais ma graiitude,si profonde qu'elle soit, ne suffira pour reconnaître le don d'une telle liberté ; car, je puis le dire, c'est elle qui fait vivre chez mon pauvre "William tout ce qui aurait dès longtemps défailli, dans le triste état où il est. Souvent , lorsqu'il entend que je chante les psaumes de notre triomphe en Dieu, ou quand je lui lis, de toute mon âme, les paroles de saint Paul, brûlantes de foi en Jésus-Christ, son esprit y puise la vie : il s'approprie ce qu'il vient d'entendre, et toutes nos tristesses se changent en joie. Ah! j'ai bien sujet d'aimer Dieu et de vouloir employer toute mon âme à le servir. Quelle voix, si ce n'est celle d'un ange, pouri'ait jamais exprimer ce qu'il a déjà fait et ce qu'il continue à faire encore pour moi? Tant que je vivrai, tant que je respirerai, dans le temps, dans l'éternité, je chanterai les louanges de mon Dieu. »

2 décembre.

« Goûté la douceur de l'aube naissante et de la matinée. — Lu le commentaire du

un KLIZABETII SETON

psaume 104 % et chanté des hymnes jusqu'à dix heures. — Forte gelée pendant la nuit. — Essayé de faire du feu dans ma chambre avec des broussailles ; mais tout a été perdu de fumée. — Les pauvres étrangers arrivés d'hier, devenus presque fous de froid et de faim, se sont querellés, battus, et enfin assis par groupes sur la terre, pour jouer avec des cartes, ce qui les a rendus encore plus bruyants que leurs querelles. — Patience... Anna est souffrante. William succombe!... Coucher du soleil clair et pur. Ses rayons ravivent mon âme, tandis qu'en elle, à ce même moment, tout chante le De profundis, comme au fond d'un immense abîme de douleur. A l'heure de la tombée du jour, nous entendons sonner, d'un côté, la cloche de VAve Maria, de l'autre, les cloches pour les morts. Celles-ci se font entendre quelquefois pendant longtemps. Tous les matins elles invitent à prier pour les âmes du purgatoire. — Notre commandant m'a beaucoup parlé du plaisir que j'aurai à Pise, le jour de Noël, à. voir toutes les cérémonies. — Ah! les joies de Noël!... Notre Père céleste, qui voit mon âme en ce qu'elle a de plus intime, sait le bonheur qu'elle y goûterait! Il

1 Benedic , anima mea, Domino. C'est le psaume 103« dans la Vulgate.

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