‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 65 sur 225 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

et dans la prière. Il a reposé jusqu'à minuit, grâce à quelques gouttes de laudanum. Ensuite il s'est éveillé; s'est étonné de voir que j'étais encore debout. Je lui ai dit : « Mon cher amour, les pensées les plus douces éloignent de moi le sommeil ; la nuit de Noël est commencée : celte nuit de la naissance de notre cher Rédempteur, qui nous a ouvert, vous le savez , les portes de la vie éternelle. — Oh! oui, m'a-t-il dit, et combien je serais heureux si nous pouvions recevoir le Sacrement! — Eh bien, ai-je repris, nous allons faire tout ce qui dépend de nous. » — Alors, j'ai versé un peu de vin dans une coupe, etj'ai récitédiverspassagesdes psaumes, avec plusieurs prières que j'avais marquées dans l'attente d'un moment favorable. Il a pris la coupe d'action de grâces, et je l'ai prise avec lui, tous deux mettant de côté les chagrins du temps en vue de l'éternité '.Oh! que je me sentais heureuse de voir les joies de cette éternité si vivement présentes à sa pensée ! — Le dimanche, M. O'Brien est venu. Mon William lui a dit qu'il me confiait à sa garde pour qu'il me ramenât dans notre pays. Il a dit cela avec une sérénité, une possession de lui-même qui nous glaçaient. Je ne sais pas si j'ai existé ce jour- là. Je l'ai passé agenouillée près de son

' Voir la note 2 à la lin de ce volume.

lit... D'un moment à l'autre, j'aurais pu voir mon William rendre son dernier soupir... Il demandait avec ferveur d'être délivré ce jourlà même, et il me suivait dans mes prières, dès qu'il éprouvait quelque trêve à ses excessives douleurs. »

' 26 décembre.

« Il était si impatient de partir!... A peine, si j'ai pu obtenir qu'il me permît d'humecter ses lèvres. Il ne cessait de demander à son Rédempteur de lui pardonner et de le délivrer... Comme il voulait toujours que sa porte fût tenue fermée, je n'ai pas été dérangée d'auprès de lui. Garleton s'était chargé de tenir Anna éloignée... Je ne cessais de lui répéter les promesses de l'Écriture et les prières que ma mémoire me rappelait. Il n'y avait que cela uniquement qui parût le soulager. Si je m'arrêtais un instant pour lui rendre quelque soin, il me disait: « Que fais -tu là? de quoi ai -je besoin? Je n'ai besoin que d'aller au ciel. Prie, prie pour mon âme. » Il se sentait si consolé dans la confiance que son Rédempteur le recevrait! il croyait voir devant lui sa chère petite Rebecca qui lui souriait. Il a dit à la petite Anna : « Oh ! si ton père pouvait t'emmener

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