‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 66 sur 225 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

avec lui! » — A minuit, la sueur froide est venue, il a essayé d'étendre ses deux bras hors de son lit, et il a répété à plusieurs reprises : « Tu m'as promis que tu repartirais. Viens, viens, sauvons-nous! » — A quatre heures, la lutte violente a cessé... Seulement quelques faibles sanglots, de loncs soupirs... ; quelques mots: « Ma chère femme ! mes chers petits ! »... et, « Mon Seigneur Jésus-Christ, ayez pitié de moi, recevez- moi... » C'est tout ce j'ai pu distinguer... Et encore à plusieurs reprises, « Jésus-Christ! Jésus-Christ!... » Et ainsi jusqu'à sept heures et un quart, que sa chère âme a pris son vol vers la nouvelle et bienheureuse demeure après laquelle il soupirait tant.

« Je lui demandais souvent, quand déjà il ne pouvait plus parler: « Tu sais bien, mon cher amour, que tu vas vers ton Rédempteur ? » Et il me répondait : « Oui, » par un faible mou vement et par un regard de paix... A sept heures et un quart, le mardi matin, 27 décembre, son âme a été délivrée; et aussi la mienne a été délivrée d'une agonie voisine de la mort. — La vraie sœur de mon âme , qui n'a pas été témoin de ce qu'a souffert mon pauvre William, ne concevra peut-être jamais que j'aie pu prendre dans mes bras ma petite Anna, et l'agenouiller près ces chers restes, et lui faire rendre grâces avec moi à notre Père cé-

leste d'avoir délivré notre bien - aimé de ses misères. Il l'a délivré vraiment, et il nous a donné à nous la joyeuse assurance que, par les mérites de notre béni Rédempteur, il est entré dans la vie éternelle, d'où il implore pitié et tendre protection sur nous, qui devons encore poursuivre notre course sur cette terre. Après, ouvrant la porte pour faire savoir aux gens de la maison que tout était fini, tous, les serviteurs et la maîtresse de la maison, se montrèrent fort en peine de ce qu'il fallait faire. Les voyant tous épouvantés de s'approcher de nous, comme si nous avions eu la fièvre jaune, j'ai fait venir deux femmes, des laveuses de linge qui s'étaient déjà employées pour moi, et ayant fermé la porte, moi, toute seule, avec leur secours, j'ai accompli près de lui le dernier de tous les devoirs; et, après, j'ai senti que j'avais fait tout, oui, tout ce que le plus tendre amour et le devoir pouvaient faire.

« Ma tête n'avait pas reposé depuis huit jours ; et ces trois derniers jours et ces trois dernières nuits, une fatigue incessante; un seul repas, toutes les vingt -quatre heures. Pourtant il me fallnit encore m'habiller, penser à partir, emballer, me tenir prête pour monter le plus tôt possible dans la voilure de Mme Filicchi, et faire quinze milles pour arriver

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