‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 68 sur 225 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

leurs; et de plus, à ce moment, attendries pour leur propre part. Cette maison où l'on conservait le souvenir de William , tel qu'il y était apparu aux jours de son heureuse jeunesse, s'était préparée à la hâte pour recevoir son enfant et sa veuve, au lendemain de sa perte : ce contraste était saisissant et navrait le cœur. Tous, enfmts, parents, serviteurs, s'empressèrent pour entourer la pauvre affligée, et lui prodiguèrent à l'envi des marques d'affection et d'intérêt. Dans le premier moment, sa douleur si poignante la rendit presque insensible aux tendres soins qu'on lui prodiguait. Comme elle le dit elle-même, « son pauvre cœur errait dans les nuages, prenant son vol vers l'âme de son William, et répétant sans cesse : « 0 Dieu! vous êtes mon Dieu, et me voilà seule au monde, avec vous et mes chers petits î Mais vous êtes mon Père, et doublement le leur. »

Le soir même de son arrivée, elle reçut la visite du révérend M. Hall, qui avait officié à l'enterrement de son mari. Les premiers mots qu'il lui adressa furent ceux-ci : Que l'arbre tombe au midi ou du côté de l'aquilon, en quelque lieu qu'il tombe , il demeure ' ; paroles

1 « Si l'arbre tombe au midi on au septentrion , en quelque lieu qu'il sera tombé, il demeurera; » ainsi l'homme

de consolation et d'espérance pour celle qui, après avoir consolé de longues souffrances chrétiennement acceptées, venait d'assister à une pieuse mort.

Parmi les personnes qui demandèrent à la voir, Elizabeth fait une mention particulière du bon vieux commandant, « qui vint, ditelle, avec un crêpe noir au bras et à son chapeau , et avec un air de compassion si triste pour sa pauvre Signora. Toute sa bonté du lazaret se retrouvait là,. La vue de la chère petite Anna acheva de lui attendrir le cœur, et lui, il fit fondre les nôtres. ))^

A quelques jours de là, elle écrivait à sa belle -sœur: « Les Filicchi font tout ce qu'ils peuvent pour adoucir ma situation ; on dirait qu'ils croient n'en pouvoir jamais assez faire. Vraiment, depuis que nous avons quitté notre pays, nous n'avons rencontré que bonté, empressement, même de la part des étrangers et des serviteurs. Ici, à Livouriie, les souffrances et la mort de mon mari ont inspiré pour nous tant d'intérêt à un grand nombre de personnes, que de tout côté c'est à qui cherche à nous consoler, à nous entourer de soins. Quand

demeurera éternellement dans l'état où la mort l'aura surpris. Ecclésiaste , ch. xi , v. 3. — Voir la sainte Dible avec des notes tirées du Commentaire deDom Calmet et de l'abbé de Vence.

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