‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 7 sur 225 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

faire ce miracle de tendresse de leur cacher ce qui leur manquait à côté d'enfants qu'entouraient à la fois les caresses d'une mère et la protection paternelle. Sans rien ôter à leurs jeunes frères et sœurs, il leur fit, à elles, une riche part. Orphelines dès le berceau , elles connurent entre ses bms ces soins et ces infinies tendresses qu'invente l'amour maternel :

Oh! l'amour d'une mère, amour que nul n'oublie! Pain merveilleux , qu'un Dieu partage et multiplie ! Table toujours servie au paternel foyer, Chacun en a sa part , et tous l'ont tout entier !

Aucune main étrangère ne fut appelée pour prendre soin de la jeunesse d'Elizabeth et de sa sœur; M. Bayley tmt à s'en occuper lui-même. La régularité de sa vie, l'élévation de son caractère, se prètaientadmirablementàl'assujettissement que demandait une vigilancesi délicate. La seconde femme qu'il avaitépousée, M^^Barclay, était une aimable personne, d'un caractère doux etd'un sens droit. Le penchant de son cœur l'eût portée à se consacrer aux filles de son mari. Jeune elle-même, elle les aimait pour les grâces de leur enfance, et parce qu'elle était pénétrée envers leur père d'atïection et de respect; mais bientôt elle dut renoncer à toute autre

tâche qu'au soin des sept enfints qu'elle mit au monde en peu d'années '.

L'éducation d'Elizabeth, commencée par son père, fat complétée presque uniquement par lui. Tout ce qu'il y a de sérieux dans le devoir paternel, M. Bayley le comprenait; aussi s'attacha-t-il à développer chez son enfant les solides qualités beaucoup plus que les dehors qui flattent l'amour-propre. Il s'étudia à former son caractère, à perfectionner son cœur, et mit, dans les premiers temps de son éducation , autant de tact que de sagesse à modérer, plutôt qu'à exciter, l'ardeur de son inteUigence. Il savait que les dons brillants servent bien peu pour le bonheur; qu'on leur doit rarement le calme de l'esprit, et ces intimes affections qui sont les grandes jouissances de la vie. La justesse de la raison , le charme d'un aimable caractère, voilà ce qu'il voulait développer chez sa fille , afin qu'elle sût à la fois se faire aimer et se rendre heureuse.

Soumise avec amour à la direction douce et ferme qui la guidait, la docile enfant s'accoutuma de bonne heure à réprimer sa vivacité naturelle, à modérer ses fantaisies, à conserver parmi les contrariétés un caractère

1 Amélie, Richard, Barclay-Bayley, Guy-Carleton, William, Hélène et Mary.

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