‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 80 sur 225 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

qui a duré vingt jours , le même temps qu'avait duré la maladie d'Anna

« Ce soir, j'étais assise auprès delà croisée; la lune éclairait de tous ses rayons le visage d'Antonio Filicchi. Il a levé les yeux au ciel, et il m'a appris à faire le signe de la croix. Trèschère Rebecca , je suis demeurée immobile et comme anéantie, sous l'impression de respect que m'a causée ce premier signe de la croix... Le signe de la croix sur moi !... Il a fait naitre en mon cœur je ne sais quel ardent désir de m'unir à Celui qui mourut sur ce bois, et de voir ce jour, le dernier des jours, où il portera sa croix en triomphe.

« Est -il jamais venu à votre pensée, ma très -chère, que la lettre T, dont l'ange doit nous marquer au front, a la forme d'une croix ' ? La religion catholique est remplie de ces symboles; je trouve qu'ils ont un intérêt si touchant! Ah! Rebecca, ils croient que toutes nos actions, que toutes nos souffrances, peuvent nous servir d'expiation , si nous les offrons pour nos péchés.

« Vous n'avez pas oublié, sans doute, ce jour où je demandais à M. Hobart - ce que si-

1 Ézéch., ch. IX, 4 et 6. Âpoc.^ ch., vu, v. 3.

2 iMinistre de l'église épiscopalienne à New- York.

18S ELIZABLTII SETON

gnifiait le jeûne dont il est question dans notre livre de prières. Je venais de me surprendre disant, folleineiità Dieu : Je me tourne vers toi, Seigneur, dans le jeûne, le gémissement et les larmes. Et cependant j'étais venue à l'église, après un excellent déjeuner, me sentant toute réjouie, et ne songeant guère à mes péchés. S'il vous en souvient, M. Ho' «art me répondit que le jeûne éiait un ancien usage, etc.. Eh bien ! Rebecca, la chère M'ne Filicchi, chez qui je demeure, ne mange jamais, en ce temps de carême, avant trois heures de l'après-midi. Alors toute la famille se réunit; et j'entends M'"o Fihcchi dire qu'elle offre à Dieu sa défaillance et les privations de son jeûne, pour l'expiation de ses péchés, en union avec les souffrances du Sauveur '. Voilà ce que je comprends, et ce que j'admire extrêmement. Mais ce qui me touche plus encore, très- chère Rebecca — voyez donc ce que doit être cette consolation ! — c'est qu'ils vont à la messe chaque matin.

« Ah! combien de fois, le soir des dimanches, n'avons-nous pas soupiré, vous et moi! Que de fois votre ma'n a pressé ma main, tandis que nous nous éloignions de l'église, dont la porte &-3 refermait sur nous ! Nous nous

1 Voir la note 3 à la fin de ce volume.

Page 1