CHAPITRE VI 1S
disions : Plus rien maintenant jusqu'à dimanche prochain ; à moins qu'on ne nous accorde un jour de prière pendant la semaine. Ici, ils vont à l'église dès quatre heures du matin.
« Vous savez comme on riait de nous, quand nous courions d'une égii&e à l'autre, les dimanches de communion, pour recevoir le sacrement autant de fois que nous pouvions. Ici , ceux qui aiment Dieu, et qui mènent une vie régulière, peuvent s'asseoir tous les jours à la sainte table. Ah ! je n'imagine pas qu'on puisse avoir quelque peine en ce monde, quand on croit ce que ces chères âmes croient! Pour moi, si je ne parviens pas à croire comme elles, ce ne sera certes pas faute de prier... Oh! oui, ils doivent être presque aussi heureux que les anges ! »
« Je tiendrai donc encore mes chers petits contre mon cœur. Père céleste, quel moment que celui-là! mes enfants chéris, mes enfants qui n'ont plus de père! des orphelins aux yeux du monde; mais de riches enfants en Dieu leur Père; car il ne nous abandonnera jamais.
« Je suis allée à la tombe de mon cher Wiîham, et j'y ai longtemps pleuré de toute mon âme, dans une émotion de tendresse inexprimable, mêlant le souvenir de ses dernières
souffrances au souvenir de notre passé et de nos heureuses années. Il me semblait que je l'aimais plus qu'on ne peut aimer sur la terre. Quand vous lirez tout ceci que j'ai écrit pour vous, chère Rebecca, depuis mon départ de New -York, vous comprendrez quel a été mon amour ; et vous reconnaîtrez qu'il ne pouvait trouver de secours qu'en Dieu seul , à travers tant d'épreuves auxquelles il a été soumis. »
« 0 joie ! ô joie ! nous allons partir ! C'est un capitaine Blagg qui va nous conduire en Amérique; mais imaginez- vous la bonté de M. FiUcchi? Comme ce capitaine est un trèsjeune homme et un étranger, et que nous aurons pendant le voyage beaucoup de risques à courir à cause des pirates et des croisières ennemies, M. Filicchi nous accompagnera. II y a longtemps qu'il pensait à faire ce voyage à cause de ses affaires, et du désir qu'il a de connaître notre pays. Anna est folle de joie; pourtant elle me dit tout bas, bien souvent. « Maman, est-ce qu'il n'y a pas des catholiques en Amérique? Maman, est-ce que nous irons à l'église quand nous serons revenues chez nous? » — Petite chérie ! elle est sortie en ce moment pour aller visiter quelque sanctuaire avec les enfants de M"^*' Filicchi et leur