‹ Elizabeth Seton (volume 2)Chapitre 9 sur 225 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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encore assez : quand le jour arrivera où elle aura compris que Dieu la veut dans le vrai bercail, elle s'instruira de nos enseignements, elle demandera qu'on la conduise à la source de nos doctrines ; la vérité lui apparaîtra , et dès lors elle « mettra sa foi dans le sentiment de son cœur ». Son inclination nous l'a gagnée dès son jeune âge. Sa piété l'achemine insensiblement vers les hauteurs de la vérité : nous pouvons pressentir l'heure heureuse où, son esprit ayant acquis toute sa vigueur, nous verrons la foi, cette conquérante des âmes, qui de ses mains divines nous la donnera.

Dès à présent, passionnée pour la lecture, elle se plaisait singulièrement aux souvenirs et aux traditions de la sainte Église catholique; elle admirait ce que l'histoire lui apprenait de nos établissements monastiques et religieux. Son imagination se plaisait aux descriptions de nos vieux cloîtres; les récits de la vie laborieuse et mortifiée des moines , le dévouement et l'abnégation des vierges consacrées à Dieu la pénétraient de respect. Sans cesse elle demandait à l'auteur de Vlmitation ses conseils incomparables. Elle avait une tendre piété pour les anges gardiens K Fidèle, d'ailleurs, en ce

< Voir plus loin le journal d'Elizabeth , écrit par elle dans le lazaret de Livourue. — 4 décembre 1803.

point aux prescriptions de l'Église anglicane, elle inclinait pieusement la tète si l'on prononçait devant elle le nom de Jésus. L'image de Notre - Seigneur lui inspirait une vénération profonde. Le signe de notre rédemption, le crucifix, lui était particulièrement cher. Elle portait toujours à son cou une petite croix suspendue à un ruban. On l'entendit maintes fois qui exprimait son étonnement de voir qu'on donnait si rarement autour d'elle « ce témoignage de respect et d'amour à notre cher Sauveur ».

C'était l'incessante prière d'un grand saint : Mon Dieu, donnez, seulement, donnez que je vous connaisse et que jeme connaisse! Et c'était aussi la prière d'Elizabeth. Elle avait cette bienheureuse faim et soif de la justice , de la droiture et de la vérité , qui a reçu la promesse du rassasiement éternel ^ Tous les soirs elle examinait sa conscience avec une attention scrupuleuse. Elle s'était tracé un plan de perfection ; ses efforts soutenus tendaient à le suivre de près. D'ordinaire, elle faisait son examen par écrit, se reprochant ses moindres torts, ses négligences presque involontaires, se rendant compte des rêveries de sa pensée, des distrac-

1 Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice , car ils seront rassasiés. — Matth., v.

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