CHAPITRE VII
des pauvres veuves : tout est fini , fini pour toujours!... Et qu'aurai -je donc en échange? la pauvreté, les chagrins?... Mon mari, ma sœur, ma maison , tout ce qui faisait le charme de mon existence, plus rien... seulement la pauvreté, les chagrins! Eh bien, vous aussi, pauvreté, chagrins, transformés par la grâce de Dieu, vous allez devenir mes amis les plus chers ! Le monde n'aperçoit de vous que vos tristes livrées; mais, sous ces froides réalités, mon âme voit la palme de la victoire, le triomphe de la foi, et les douces traces de mon Rédempteur, qui conduisent en droite ligne à son royaume éternel. Laissez donc que je vous salue, et que j'aille au-devant de vous, d'un cœur joyeux. RecevezTmoi sur votre sein; et, chaque jour, pendant ce reste de mon voyage, conduisez-moi de vos conseils.
« Vous êtes accompagnés des grâces les plus abondantes. Par vous, l'aiguillon de la pénitence devient la paix de la conscience ; la solitude des déserts est peuplée de la compagnie des anges. Le Seigneur les envoyait déjà auprès des justes, ces anges saints, dans ces temps où la lumière de sa vérité ne faisait que poindre sur la terre. Maintenant que le jour parfait, descendu d'en haut, a visité notre nature terrestre et l'a élevée à la dignité de son union avec Dieu , ces bienfaisants messa-
gers seront -ils moins souvent présents parmi nous? seront -ils moins empressés à venir au secours d'une âme qu'ils voient altérée et comme haletante du désir de se joindre à eux dans un éternel alléluia? Oh ! non, mon Dieu! Je croirai les voir sans cesse autour de moi. A chaque moment je redirai avec eux : Saint, saint, saint, Seigneur, Dieu des armées! Les deux et la terre sont remplis de votre gloire. »
8 juillet 1804.
« Ce jour a été pour maRebecca son jour de naissance au ciel. Plus de veilles pénibles maintenant, sœur chérie ; plus de longues heures d'angoisse et d'agonie. Les prières de chaque moment, interrompues par la souffrance et les larmes , sont remplacées à présent par l'alleluia éternel. Les anges bénis, qui furent si souvent témoins de nos faibles efforts, vous enseignent maintenant les cantiques de Sion. Chère, chère âme, nous ne prolongerons plus nos prières, à genoux l'une à côté de l'autre , à l'heure où le soleil est à son déclin, nos cœurs s'unissant pour soupirer après le Soleil de justice : il vous a maintenant reçue dans sa lumière quine s'éteindra jamais 1 Nous ne chanterons plus ensemble les louanges