CHAPITRE VII
du Créateur, les yeux fixés sur les astres des nuits au fond des cieux calmes et purs : vous êtes réveillée aux joies éternelles. Nous n'entendrons plus parmi nous cette voix chérie qui consolait le cœur de la veuve, avertissait l'âme oublieuse, inspirait l'amour de Dieu, et n'avait pour tous que des paroles de tendresse et de paix : le Seigneur de ceux qui ont enseigné les sentiers de la justice, vous couronne aujourd'hui, selon sa promesse, lui qui a dit : Us brilleront dans l'éternité comme des astres.
« La matinée de ce jour fut d'une beauté inaccoutumée. Quand les teintes rosées de l'aurore commencèrent à resplendir au ciel, l'âme de Rebecca sembla se réveiller de cette torpeur qui précède souvent la mort , et qui, s'étant appesantie par degrés sur elle, lui avait apporté du calme pendant la nuit. Elle me montra du doigt, juste en face de sa fenêtre, un léger nuage, tout baigné de lumière et de soleil ; et souriant d'un doux sourire : « Chère sœur, me dit-elle, si ce rayon de gloire est si délicieux, que sera donc la présence de notre Dieu dans le ciel! »
« Alors elle se mit à réciter avec moi nos prières de tous les jours : le cantique TeDeum et le psaume Miserere mei , Deus, et une partie de l'office de la communion. Elle disait : «. Nous vous louons et nous vous glorifions avec les
anges et les archanges et tous les habitants des cieux. Ce jour est le jour précÂeux du repos. Chère sœur, croyez-vous que ce soit ici le jour de moQ bienheureux repos?... Ah! vous nn'avez désappointée hier, quand vous m'avez dit que mon pouls était plus fort. Mais Celui qui a promis est fidèle. Je puis bien l'assurer, il est fidèle... » Nous parlâmes ensuite de la douce et constante tendresse que nous avions eue l'une pour l'antre, et nous demandâmes avec ferveur à Dieu que cette délicieuse afïèction, commencée sur la terre, reçût son perfectionnement au ciel. « Et maintenant? dit- elle, tout est prêt. Fermez les fenêtres, chère sœur, et remettez ma tête tout doucement sur l'oreiller, pour que je puisse un peu dormir. » Ce furent là ses propres paroles. Je lui dis : « Ma chérie, je n'ose pas vous remuer, si je n'ai quelqu'un pour m'aider. — Et pourquoi donc pas? ditelle, tout est prêt. » Elle comprit alors que j'avais peur de ce qui pourrait arriver si je la remuais. Ma tante entra dans sa chambre. Comme je vis qu'elle désirait tant qu'on la remuât, je soulevai sa tète, et je l'attirai un peu vers moi. A ce moment, elle poussa de grands soupirs, et elle passa entre mes bras, en moins de quelques minutes , sans un gémissement... Celui qui sonde les cœurs, et qui connaît la source de nos tendresses les plus