CHAPITRE VIII
les plus faibles, afin que sa puissance et sa gloire en reçoivent plus d'éclat, cependant m'encourageait. Je réunis pour elle tous les éclaircissements que je pus ; mes paroles semblaient triompher de ses préjugés et éclairer son intelligence. Pour suppléer à mon défaut de savoir, je lui procurai les meilleurs ouvrages que je pus trouver, entre autres VExposition de la doctrine catholique de Bossuet. Je lui recommandai de prier, et d^ consulter ceux qui ont mission pour enseigner. Au moment où elle nous quitta, je lui promis d'intéresser en sa faveur votre charité, afin que vous voulussiez bien ne pas lui refuser les instructions que je n'étais pas en état de lui donner pour régler sa conduite, et lui montrer ses devoirs de conscience dans les circonstances particulières où elle se trouve. Tout ceci, je le sollicite maintenant de votre bonté, pour l'avantage de cette âme, et pour la gloire de Celui qui vous a appelé à paître une partie de son troupeau. »
Si Elizabelh se lût adressée à M. Carroll, il est certain qu'elle se fût épargné une partie des perplexités qui s'emparèrent bientôt de son esprit. Assurée de l'intérêt de cet évêque si éminent par sa piété, par sa science et par la fermeté de son caractère, se confiant à sa direction, avec la grâce de Dieu, elle eût bientôt atteint le but dé.-^iré. Mais à peine fut-elle ar-
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rivée à New-- York, qu'Antonio Filicchi, inspiré par une intention plus généreuse que prudente, lui donna le conseil d'informer son ancien pasteur et ses amis de la résolution qu'elle avait prise d'abandonner leur communion, dont elle avait reconnu l'erreur. Cette déclaration , tout à fait inattendue, souleva contre Elizabeth une tempête d'indignation ; elle s'en montra peu émue. Dès lors, tout un système d'obsession, habilement suivi, fit place à l'explosion des premiers emportements. Ceux qui l'entouraient ne se trompaient pas en pensant que s'il était un moyen de la vaincre, c'était d'user près d'elle de persuasion et de douceur. Cette âme , que nous avons vue toujours debout pour le sacrifice, était plus qu'une autre accessible aux tendres sentiments qui donnent prise à la faiblesse. La crainte de s'aliéner ses affections la jetait dans une angoisse indicible. Il n'est rien qu'elle n'eût souffert plutôt que la froideur et l'abandon des siens. Ce sensible attachement était vraiment son côté vulnérable; ce fut par là qu'on se flatta de l'atteindre.
Un des hommes qui inspiraient à Elizabeth le plus de respect, d'attachement et d'admiration, était son ancien pasteur, le R. Henry Hobart, qui devint plus tard évêque de l'Éghse épiscopalienne dans l'État de New-York. Écrivain distingué, prédicateur éloquent et popu-