CHAPITRE VIII
m'attirera plus étroitement à lui. C'est là ma confiance; elle est appuyée sur l'expérience du passé, et sur la vérité des promesses que nous a données Celui qui ne peut faillir. »
Henry Hobart , sincèrement attaché à Elizabeth et à sa famille, parut près d'elle comme un ami. Loin de se prévaloir de son titre de pasteur, il ne lui témoigna ni blâme ni amicrtume ; il se borna à lui exprimer la profonde tristesse qu'il ressentait d'un changement qui , disait-il , devait mettre un abîme entre elle" et lui. Comme dernière marque de sa déférente amitié , il demanda seulement qu'elle consentît à étudier sous sa direction dans une série de controverses l'enseignement de cette Église qu'elle voulait abandonner. Elizabeth consentit à ce qu'il désirait. Son cœur était défaillant ; ce qu'elle avait souffert dès son retour en Amérique lui avait ôté sa vigueur. Antonio n'était plus là pour faire appel à ses résolutions , et raviver en elle les profonds souvenirs de son séjour en Italie. Croyant sa tâche accomplie, il s'était éloigné comme à peine elle sortait d'entre les bras mourants de Rebecca. Pour lui, s'il avait accepté les tristesses d'un voyage qui le séparait de sa chère Amabilia et de ses quatre petits enfants , c'est qu'il pouvait s'occuper d'eux et de leurs intérêts, tout en achevant de conquérir à la vraie Église une âme dont la
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beauté lui était apparue. Les exigences d'un commerce étendu qui naguère avaient amené son frère Filippo en Amérique , y réclamaient sa présence aujourd'hui. Un chrétien comme Antonio, dont la foi réglait les moindres pensées, et contenait chaque affection dans ses justes Hmites, n'eût accepté de l'amitié aucune mission, si sainte et si pure qu'elle eût été d'ailleurs, qui l'aurait détourné de ses premiers devoirs , comme père et comme chef de famille. Il n'eût pas hésité pourtant à prolonger son séjour à New-Tork, et se fût occupé plus tard de ses propres affaires, s'il eût pensé qu'Elizabeth manquait des forces nécessaires pour rester ferme sans son appui. Ce doute n'inquiétait pas sa pensée. Il la quittait dans un moment rempli de promesses. Elle allait entrer en correspondance avec l'évêque de Baltimore , et s'était engagée de grand cœur à recevoir ses conseils. Elle-même lorsqu'elle se rendit au désir de Henry Hobart ne prévoyait nullement l'empire qu'il pourrait reprendre sur elle. Confiante plus qu'elle n'aurait dû , se croyant désormais fixée dans ses convictions, elle n'entrevit pas le danger d'exposer sa foi naissante aux attaques d'un ennemi si habile. Cependant, le croirait-on, quelques semaines s'étaient à peine écoulées, que Henry Hobart, fort de son éloquence et des ressources d'une science spé-