CHAPITRE XXI
chaque jour, et à chaque communion, dans le cœur de votre pauvre sœur. »
Il y a comme un accent d'adieu dans cette lettre d'Elizabeth ; un adieu d'elle à ses deux amis. Mais ce n'était pas elle maintenant, c'était un des frères de son cœur qui s'en allait achever son pèlerinage terrestre. Si Filippo Filicchi put encore recevoir ce tendre et dernier souvenir qu'elle lui adressait, il le reçut à la veille de son départ. En quelques heures, un vaisseau sanguin rompu, une violente hémorragie tarit en lui les sources de la vie. Il expira le 22 août 1816, à l'âge de cinquantetrois ans. Suivant le désir qu'il avait exprimé, il fut transporté à Pise, pour reposer dans l'église des Capucins '.
Le bienfaiteur de Livourne, l'éminent citoyen , le chef illustre d'une famille aimée et honorée de tous, ne laissait d'enfants après lui que ceux qu'il regardait comme les siens, les enfants de son frère Antonio. La Providence, qui l'avait fait le père des pauvres, des affligés, des persécutés pour la justice, si nombreux à l'époque troublée où il vivait -, l'avait laissé tout entier aux familles que la chanté
1 Voir la note 15 à la fin de ce volume.
2 Filippo Filicchi, avec son frère Antonio, eut la gloire
lai avait données. C'était là son unique paternité, combien belle, combien attachante! Plusieurs fois, cependant, il avait eu d'autres espérances. Plusieurs fois sa chère Signera Maria avait cousu avec amour de petits vêtements, et préparé, comme un oiseau prépare son nid, le doux berceau d'un enfant. Elle avait toujours été d'une santé très -délicate. Ce lui fat un sujet de consolation quand elle perdit son mari. Le pressentiment qu'elle eut alors de ne pas tarder à le suivre se trouva réalisé en moins de quatre ans.
Tout ce que peuvent inspirer la douleur et l'espérance chrétienne s'émut dans le cœur de la mère Seton, lorsqu'elle apprit que son ami n'était plus. Elle fit prier pour le repos de son âme. Elle se répandit elle-même en prières continuelles. Habile toutefois, en chacune de ses douleurs, à trouver une occasion de bénir Dieu , elle rendit grâces à la divine bonté d'avoir permis que son fils William, avant d'assister aux derniers moments de Filippo , eût encore pu voir ce rare modèle de l'honnête homme et du chrétien. « Voilà donc, écrivait-elle à Wil-
et le bonheur de venir en aide aux plus augustes de ces Persécutés pour la justice , les souverains Pontifes Pie VI et Pie VIL Leur premier don, offert à Pie VI, en 1797, se montait à mille écue romains. Ils offrirent au saint pape Pie VII le double de cette somme en 1809.