‹ Elizabeth SetonChapitre 108 sur 185 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

liam, voilà la mort de notre cher bienfaiteur ! Il y a longtemps que je la redoutais, mais Dieu seul en tout! Quel exemple il vous a laissé, mon bien -aimé! quel modèle du vrai chrétien et du vrai homme d'honneur» ! Comme je plains M. Antonio! Et la Signora Maria! quelle désolation! Ah! faites bien, pour les satisfaire en toutes choses , tout ce qui vous est possible, mon cher fils. Je sais, je suis certaine, que vous le ferez. Pensez, pensez souvent, combien est étroite la voie qui conduit là où s'en sont allées toutes ces âmes que nous avons tant aimées. J'arrive de la communion. Oh! ce que dit le cœur de votre mère en priant continuellement pour vous!... Dites de ma part tout ce que vous pourrez imaginer à nos chers amis. »

'Quand la vie de chacun de nous s'éloigne de son matin, bien que les ombres du soir, bien que le froid de la nuit ne nous atteigne pas encore, tout nous avertit que le temps des adieux a commencé déjà, et qu'il faut commencer à nous tenir prêts pour le départ. C'est œuvre au Maître divin de nous attirer au désir du ciel en retirant « petit à petit tout ce qui nous était cher ici -bas». « Il faut dire ses

1 « Of the true Christian and the tnie eeritleman. »

« adieux au monde , il faut retirer une à une (( ses affections des créatures. Les arbres que « le vent arrache ne sont pas propres pour être « transplantés, parce qu'ils laissent leurs race cines en terre ; mais qui veut les porter en une « autre terre, il faut que dextrement il désce engage petit à petit toutes les racines, l'une « après l'autre ; et , puisque de cette terre mice sérable nous devons être transplantés en c< celle des vivants, il faut retirer et désencc gager nos affections l'une après l'autre de « ce monde'. »

Ce travail de détachement avait commencé de bonne heure pour Élizabèth. L'un après l'autre, que de vides s'étaient faits dans ses plus tendres affections! Son mari, sa sœur Rebecca, Henriette, Cecilia, Anna : toutes morts prématurées. La mort de Filippo la surprenait aussi. Dans une vie telle que la sienne, que Dieu ne destinait pas à une longue durée, les avertissements se précipitaient, et devançaient l'heure, pour ne pas arriver trop tard. Déjà son cœur meurtri, son cœur blessé, avait ce désengagé plusieurs de ses racines les plus profondes. » Ce n'était point encore assez. Avant de la recueillir là où toutes larmes seront essuyées, son Dieu la voulait éprouver par une dernière et immense douleur.

1 Saint François de Sales, Lettres.

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