‹ Elizabeth SetonChapitre 109 sur 185 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

On a sans doute remarqué, dans plusieurs de ses lettres à Antonio Filicchi, ses cris d'alarme pour la santé de la petite Rebecca. Dans l'hiver de 1812, comme l'enfant atteignait la moitié de sa dixième année, elle s'était blessée en tombant dans un sentier couvert de glace. Depuis cet accident, elle n'avait cessé de boiter. Voyant qu'un traitement spécial était devenu nécessaire, sa mère l'avait conduite à Baltimore, afin qu'elle y pût recevoir des soins plus assidus. Au bout de plusieurs mois, le mal, loin de diminuer, semblait devenu plus grave; Elizabeth s'était déterminée à essayer d'autres moyens. Elle avait envoyé la petite malade à Philadelphie, où se trouvait un chirurgien très-renommé , qui pouvait la voir tous les jours. Rebecca fut reçue à Philadelphie dans l'asile de Saint -Joseph, que dirigeait la Sœur Rose White. Là, du matin au soir, les Sœurs veillaient tour à tour auprès d'elle, avec toute espèce de dévouement et d'afïectioii. Ilélas ! rien ne put arrêter les progrès du mal. De jour en jour Rebecca souffrait davantage. Un abcès se forma à sa jambe, et comme ses ï^ forces étaient affaiblies par un état de langueur qui durait depuis plusieurs mois, tout accident nouveau devenait une menace.

Chaque lettre qui arrivait de Philadelphie à Emmettsburg apportait à Elizabeth des nou-

velles désolantes. « Chère petite enfant de mon âme, écrivait-elle à sa Piebecca, les yeux de votre mère se remplissent de larmes rien qu'en pensant à vous; de larmes amères, mais aussi de larmes d'amour et de joie; car je sais que ma pauvre chérie souffre avec patience, se résigne à la volonté de notre très-cher Maître, et se montre l'enfant de sa croix

. . . . 0 ma chère Rebecca , l'enfant de l'éternité ! que la paix et l'amour soient avec vous et se mêlent à chacune de vos souffrances, pour les calmer toutes et les adoucir !

Soyez bénie à jamais

. . . . 0 la toute chérie de mon âme , maintenant encore dans votre petit lit, votre pauvre jambe entourée de ses bandages!... encore assise, immobile, sur cette terre qui

roule si vite

. . . . Mais les moments , les heures passent et passent, et nous emportent vers notre heureuse et glorieuse éternité. Abandonnezvous bien toute à Dieu , ma chérie. Remettez tout entre ses mains. Nous comprendrons plus tard, quand nous nous trouverons dans notre Jérusalem du ciel, combien il a été bon pour nous lorsqu'il nous a offert la couronne d'épines. »

Sur l'adresse de la lettre qui contenait ces

Page 1