‹ Elizabeth SetonChapitre 116 sur 185 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

(.( Oh! mère, comme je souffre ! tous les os, les articulations , tous les- membres ! Priez , mère, priez pour ma foi!... Vous le voyez bien, mère chérie, chaque jour apporte un nouvel avertissement pour que je parte bientôt. Pourtant je me souviens de n'avoir eu que deux fois la pensée que mes souffrances étaient trop rudes. Que notre cher Seigneur ait donc pitié de moi et qu'il ne me laisse pas en purgatoire longtemps ! Cependant, là aussi , que sa volonté soit faite. Là , du moins, je serai en sûreté et je ne pécherai plus. »

« Elle cherche toujours le moyen de ne pas demeurer oisive ; elle a découpé quelques fleurs en papier, et s'est occupée avec ardeur à coudre un petit vêtement pour un enfant pauvre , deux jours avant sa dernière agonie. »

Veille de la Toussaint.

« La chère petite a demandé avec instance à recevoir les derniers sacrements. Dans l'aprèsmidi, par une grâce toute particulière, nous nous étions entretenues ensemble, et nous avions lu beaucoup, sur le saint viatique et l'extrême-onction ; en sorte que toutes les préparations étaient faites.

« L'énergie de sa foi était peinte sur ses

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traits et s'est révélée dans chacun de ses mouvements. Après avoir reçu les derniers sacrements, quand tout a été accompli et que M. le supérieur a été parti , elle s'est assise dans l'attitude d'une personne qui attend le moment solennel, les yeux fixés sur le crucifix, puis sur sa mère, ayant l'air de lui adresser cette question : Vient-il? — Tout subitement, elle a été inondée d'une sueur abondante. — « Mère, a-t-elle dit, est-ce la sueur de la mort?... Je vous en prie, récitez cette prière, puis cette autre... » Ainsi s'est passée la nuit.

c( Le matin , M. Hickey est venu lui donner la dernière indulgence. Elle l'a remercié, s'est recommandée à ses prières avec sa voix brisée, étouffée. — « Certainement tout est fini, » a-t-elle dit en regardant autour d'elle d'un air de surprise de ce qu'elle s'imaginait qu'on ne la croyait pas.

« La nuit est arrivée , et avec la nuit toutes ses craintes que sa patience ne lui échappât. M. le supérieur est revenu; et, voyant dans quel lamentable état se trouvait la pauvre petite, il s'est offert avec bonté pour rester auprès d'elle. La reconnaissance qu'elle lui a témoignée ne saurait s'exprimer; il lui semblait que la présence d'un prêtre allait lui donner des armes contre toutes les puissances de l'ennemi. Elle l'a prié de réciter son office à côté d'elle , et m'a

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