‹ Elizabeth SetonChapitre 120 sur 185 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

avez pu remarquer lorsque vous l'avez vue la dernière fois, elle était devenue une véritable beauté; et cela jusque dans la mort. Le cœur en haut, le cœur en haut! très-chère amie. Point de tristes et vains regrets. Regardez-la oîi elle est aujourd'hui; cela imposera silence à tout. »

La lettre qu'elle adressa à son fils est d'un accent non moins sublime. Seulement la force lui manqua pour écrire aussitôt après la mort de son enfant ; elle attendit vingt jours plus tard.

21 novembre 181G.

€ Mon William , cher enfant de mon âme , oh ! que ne donnerais-je pas pour me trouver auprès de vous à ce moment où vous allez apprendre la douloureuse nouvelle à laquelle vous ont préparé toutes mes dernières lettres? Il est des moments, mon fils, où notre soumission envers Dieu doit triompher des sentiments les plus tendres, les plus profonds de la nature. C'est là ce qui vous est demandé maintenant, mon bien-aimé; car s'il vous avait été donné de voir notre Rebecca monter au ciel sous la forme d'un ange , vous ne pourriez être plus certain qu'elle est avec Dieu que vous n'en serez certain par la foi , lorsque vous aurez appris

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de quelle sainte mort nous avons été les témoins.

« C'eût été de notre part un souhait égoïste, oui égoïste, de désirer prolonger ses souffrances et ajourner son assuré bonheur, pour nous conserver plus longtemps la douce possession de cette chère créature. Et pourtant j'ai perdu en elle la bien-aimée petite amie de mon cœur, qui lisait en lui toute peine et toute joie, comme en un livre ouvert. J'ai perdu l'enfant la plus chérie de mon âme, à cause de ses souffrances et de sa patience incomparable. Toutefois, en ce moment , je regarde en haut avec joie, souffrant seulement pour vous qui êtes si loin... Elle a dit souvent que si Dieu permettait qu'elle se fit voir à vous, elle n'y manquerait pas; mais ce dont elle se tenait pour bien assurée, c'est que Notre-Seigneur ne refuserait pas à son âme la douceur de vous voir. Pour nous, vraiment, après les grâces célestes dont son Seigneur l'a favorisée en ce monde, nous pouvons bien croire qu'il ne lui refuse plus rien à celte heure.

« Il ne m'est pas possible de vous donner une idée de la perfection de Rebecca : la beauté de son âme , et même aussi sa terrestre beauté, ont été croissant chaque jour, jusque dans les bras de la mort. Votre dernière lettre nous arriva la veille du jour où nous l'avons perdue.

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