‹ Elizabeth SetonChapitre 125 sur 185 · CHAPITRE XXIII 2G · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII 2G

la propriété de la ferme et de la maison , et du lot de terrain y attenant, fut transférée aux Sœurs par les possesseurs nominaux.

A peine ces formalités avaient-elles été remplies, que l'ancien propriétaire du terrain cédé à la communauté de Saint-Joseph , M. Emmett, le premier colon de cette vallée, voulut disputer aux Sœurs leur propriété, sous le faux prétexte d'une nullité dans les actes de vente. Bien décidé à leur créer au moins des embarras , il leur intenta un procès dont l'injustice était manifeste. Les Sœurs n'avaient rien à redouter de ses prétentions ; mais il leur semblait pénible d'entrer dans les contestations , les longueurs et les frais d'une affaire en justice. La discussion était entamée, quand elle prit fin tout à coup de la manière la plus imprévue, par la mort subite de M. Emmett. Les héritiers qu'il laissa renoncèrent à poursuivre le procès qu'il avait intenté aux Sœurs.

Au printemps de l'année 1817, la congrégation catholique de la ville de New-York , touchée des résultats obtenus dans l'asile de Saint- Joseph de Philadelphie, voulut aussi avoir son orphehnat. Le diocèse de New-York commençait seulement à se constituer ; la charité y avait tout à faire. M. Connelly, qui le gouvernait depuis deux ans, comprenait la grandeur de sa tâche, et s'y dévouait avec un admirable zèle.

Religieux dominicain, naguère prieur du couvent de Saint-Clément à Rome, M. Connelly avait été choisi par le Souverain Pontife, après son retour dans ses États, en 1814, pour succéder à M. Concanen, l'évêque nommé au siège de New -York en 1808». Ce fat lui qui se chargea de transmettre à la mère Seton l'expression du vœu général. 11 obtint d'elle tout ce qu'il sollicitait. Admirable disposition de la Providence! dans cette ville où, dix années auparavant, la pauvre Elizabeth avait essuyé toutes les colères de l'intolérance et les douleurs de l'abandon, la voilà qui reparaissait, modeste, mais triomphante, prête à ouvrir ses bras à des misères sans nombre, et à jeter les fondements d'une grande maison reliçieuse, la première maison religieuse qu'eût encore vue le nord des États-Unis.

Ce fut à la Sœur Rose White qu'elle confia le soin de fonder l'orphelinat de New- York. Elle la rappela de Philadelphie , où sa piété , sa capacité, ses manières aimables et douces, en attirant sur elle la bienveillance de tous les gens de bien, avaient assuré le succès de sa tâche. Elle lui donna comme auxiliaires les Sœurs Cecilia O'Conway et Félicité Brady, l'élite de la communauté. Ces trois servantes des

1 M. Concauea avait été également prieur da couyent de Saiutr Clément aux DominicAins.

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