CHAPITRE XXIII
pauvres arrivèrent à New-York le 20 juin 1817. Elles s'y établirent d'abord dans une petite maison située sur l'emplacement qu'elles possèdent aujourd'hui dans Prince- Street. La première année, elles n'eurent à soigner que cinq enfants. L'année d'après, elles en avaient déjà vingt-huit. Elles devaient, quelques années plus tard, en recueillir quatre cents, et en recevoir le double encore des mains de l'État lui-même.
ELIZABETH SETOX A ANTONIO FILICCHI
1" juin 1817.
« Mon cher Antonio, toujours cher,
« Cette lettre vous sera remise par M. Cooper, dont la conversion vous aura été racontée il y a bien longtemps , je n'en doute pas , par M. du Bourg , qui vous aura dit aussi qu'il est le fondateur de notre maison de Saint-Joseph. Selon les premières intentions de M. Cooper et mes espérances , cette maison devait être un asile seulement pour les pauvres enfants de notre Sauveur dans la campagne ; mais il semble qu'elle soit destinée à former des filles de la ville à la foi et à la piété , pour faire d'elles de vraies et chrétiennes épouses et mères de fa-
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mille. Notre œuvre se poursuit avec une bénédiction, un succès, qui sont l'ouvrage de Dieu seul , et qui seront un sujet de grande satisfaction pour vous , qui aimez et chérissez la religion si véritablement.
« Je ne sais rien des intentions qui amènent M. Cooper dans votre heureux pays. Je sais seulement combien il est respecté par tous ceux qui aiment Notre-Seigneur en ce pays-ci. »
Elizabeth Seton , récompensée de son zèle et de sa ferveur par le développement de son œuvre , se voyait également bénie dans les trois enfants qui lui restaient. Sa fille unique maintenant, sa Catherine -Joséphine, se montrait à tous les égards ce qu'avaient été ses sœurs, — C'est à peine si nous oserons la laisser entrevoir dans ce récit. Elle vit encore aujourd'hui, cachée aux regards du monde. Des trois filles qu'avait eues Ehzabeth , elle seule, oubliée par la mort, a pu suivre jusqu'au bout les traces de sa mère, et servir Dieu dans ses pauvres sous l'habit religieux.
De son côté, le jeune William Seton se maintenait tel que sa pieuse mère le pouvait souhaiter. Il était encore , mais pour peu de temps , en Italie, auprès d'Antonio Filicchi. Sa bonne conduite, sa déférence pour le noble ami de sa famille , son second père , ne s'étaient pas dé-