‹ Elizabeth SetonChapitre 128 sur 185 · CHAPITRE XXIIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIIl

primable bonheur que j'ai éprouvé en lisant ce que vous m'avez dit dans votre dernière lettre, si remplie des témoignages de votre tendresse pour moi et de votre attachement à vos devoirs. »

Malgré l'amertume de ses derniers deuils, ce fut pour Elizabeth une doucejournée que celle où elle retrouva son William. Deux années, parfaitement employées , avaient développé chez le jeune homme ces qualités et ces, avantages qui font l'orgueil des cœurs maternels. Elizabeth, fière de son fils, était pénétrée de gratitude envers Dieu, qui l'avait conservé sage et bon, et le ramenait près d'elle. Avant qu'il ne songeât à la quitter de nouveau, elle devait jouir de sa présence pendant plusieurs mois. Elle l'établit, le plus agréablement quelle put, dans la petite maison de la montagne. Tous les jours, il venait passer plusieurs heures à Saint- Joseph ; heures de délicieux entretien pour cette mère et pour ce fils , qui se comprenaient si bien et qui n'avaient jamais eu l'un pour l'autre une pensée cachée.

L'arrivée de William à Emmettsburg fut le signal du départ de son frère Richard. Antonio Filicchi offrait à cet enfant la place que son frère aîné laissait vacante. L'idée de faire cette offre lui était venue au moment où il avait vu s'éloigner William. Celui ci était chargé d'en

apporter de vive voix la nouvelle à sa mère. Il devait en même temps remettre à Elizabeth une lettre d'Antonio Filicchi. « William, disait Antonio, vous reviendra avec cette lettre, en bonne santé, s'il plaît à Dieu; respectueux et tendre fils, et avec un cœur que rien n'a flétri , et toujours, je l'espère , ferme chrétien catholique. Je m'en remets à ce qu'il vous dira pour tout ce que vous désirerez d'ailleurs savoir. L'emploi de William auprès de moi pourrait être remph par son jeune frère Richard, si vous pensez qu'il y soit propre , et si la situation que je lui offre vous convient ainsi qu'à lui. Pour ma part, je me contenterai d'une bonne volonté et d'une bonne écriture; et je suis tout prêt à agir pour lui comme j'ai fait pour WiUiam. Laissez-le tenter l'épreuve. Et par-dessus tout, ma sainte sœur, croyez-moi cordialement, dans toute l'étendue que ce mot peut avoir, votre ami le plus affectionné et le plus fraternel. »

ELIZABETH SKTON A ANTONIO FILICCHI

16 septembre 1817.

« Mon cher Antonio, cher à jamais, .

« Voici mon Richard. Vous avez dit qu'une bonne volonté et une bonne écriture suffiraient.

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