‹ Elizabeth SetonChapitre 129 sur 185 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

J'espère qu'il vous montrera bientôt qu'il a les deux; et de plus, un cœur brûlant du désir de vous témoigner en notre nom à tous l'amour et la reconnaissance que nous avons tous pour vous. Votre demande de l'avoir est une vraie faveur de la Providence ; car il paraît que jamais il n'a existé autant de difficulté pour occuper les jeunes gens. M. Barry ' m'écrit qu'il a été obligé d'éloigner son propre fils , à cause de la dépravation des jeunes gens dans nos villes en ces tristes temps.

c( Les dispositions de Ptichard sont tout à fait différentes de celles de AVilliam. La pente de ses pensées le porte tout aux affaires et à ce genre d'activité. Mais son tempérament si prompt, joint à son manque d'expérience, l'expose à des dangers continuels auxquels échappe son frère. Oh! avec "quel cœur profond , rempli de chagrin et aussi d'espérance , je les recommande à Dieu, qui jusqu'ici nous a si bien protégés !

(( Nous avons trouvé que William avait tant gagné, et qu'il était en si excellentes dispositions, que nous ne saurions avoir la moindre inquiétude pour lui. Le voilà qui de nouveau a tourné son cœur vers la vie de marin , et main-

1 M. Robert Barry, consul de Portugal à Baltimore; il était (le la famille des Barry de New-York, et, comme ces derniers, ami dévoué d'Elizabeth.

tenant je ne puis plus y nfiettre obstacle. Je remets tout à Dieu. Si Dieu n'est pas offensé, je serai contente. Mais là est le tourment ! Cette carrière a tant de dangers pour l'âme et pour le corps ! Le président du département de la marine lui a promis un emploi; avant Noël, hélas !

« Toutes nos affaires de Saint-Joseph marchent avec la bénédiction de Dieu. Nous avons maintenant nos Sœurs étabUes à New-York, comme à Philadelphie , pour soigner les orphelins. Ces branches sont sorties de notre maison. Elles portent leurs fruits et vont semer le petit grain de sénevé. La religion sourit à notre pauvre pays de bien des manières. L'arrivée de l'évêque du Bourg avec ses quarante missionnaires est une grande bénédiction ; les seitlements ' à l'intérieur étant si nombreux et quelques-uns absolument privés de prêtres qui puissent rompre le pain de vie pour eux. »

Ce n'était pas seulement dans la vallée de Saint- Joseph , à New- York et à Philadelphie, que le petit grain de sénevé, dont parle Elizabeth, avait pris croissance sur la terre d'Amérique. De tous côtés la bonne semence levait et

1 Les nouveaux établissements faits par les colons.

Page 1