CHAPITRE XXIII
se multipliait. Ne nous en étonnons pas. Quand Dieu veut conquérir à la foi des contrées nouvelles, il leur envoie quelques-uns de ses serviteurs dans lesquels on croit voir revivre nos pères et nos maîtres, les premiers apôtres. Persuadés des mêmes vérités, enflammés de la même ardeur, prenant leurs devanciers pour modèles, ces nouveaux venus renouvellent les anciennes merveilles. C'est à ce moment que l'arbre se fait reconnaître à ses fruits. Partout, dans l'histoire de l'Église , les commencements de l'apostolat sont les mêmes.
Quand nous lisons avec admiration quels ont été les travaux, les fatigues, et aussi les grandes œuvres, desCheverus, des Matignon, desFlaget, des David, des du Bourg, des Dubois, des Duhamel, des Brute et de tant d'autres encore dont le nom seul trouvera place ici : Moranvillé, Garnier, Théodore Badin, Gabriel Richard, Dimitri Galitzin, John Thayer, Benoît Fenwick, Charles de Nerinckx, Edouard Fenwick, Hill, Robert Molyneux, Antoine Kohlman, Félix de Andreis, Joseph Rosati, Odin, Van Quicken-Born, Van de Veld, Antoine Blanc, John England, etc., etc. », rappelonsnous que chacun de ces hommes apostoliques aurait pu dire à son tour ces paroles du grand
1 Voir les notices compiises dans la noie IG à la fin de ce volume.
272 ELIZABETII SETON
saint Paul : J*ai été en voyage et en ■périls souvent: périls sur les fleuves, périls de la part des voleurs, périls au milieu des villes, périls au milieu des déserts, périls sur la mer. J'ai enduré toutes sortes de travaux et de fatigues; de fréquentes veilles, la faim, la soif, beaucoup de jeûnes, le froid et la nudité. — Et , en outre de ces choses du dehors, j'ai les soins de chaque jour, la sollicitude des Églises.
Qui dira au prix de quelles fatigues , de quels voyages, et de quelles démarches, l'évêque de la Louisiane, M. du Bourg, avait pu réunir ces ouvriers évangéliques qu'il amenait en Amérique vers le milieu de l'année 1817 "? Le pauvre évêque les avait rassemblés un à un , en Italie, en France, dans les Flandres. Il était parti de la Nouvelle- Orléans, en 1815, aussitôt après que la paix avait été conclue entre les États- Unis et l'Angleterre. Jusque-là, il n'avait gouverné son troupeau que comme vicaire apostolique. Ce fut à Rome qu'il se vit élever à la plénitude du sacerdoce. A Rome, à Milan, plusieurs Pères Lazaristes et quelques jeunes clercs lui avaient promis de se joindre à lui. Mais ce n'était point assez , les ressources lui manquaient pour suffire aux frais de leur traversée. Il se mit en route pour la France, afin d'y solliciter la charité des fidèles. L'une de ses étapes était marquée dans la catholique ville