‹ Elizabeth SetonChapitre 131 sur 185 · CHAPITRE XXIII 27S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII 27S

de Lyon. Un grand souvenir se rattache au séjour qu'il fit en cette ville. C'est à ce moment que prit naissance l'œuvre catholique par excellence, l'œuvre de la Propagation de la Foi, qui soutient de ses prières et de ses aumônes les missionnaires catholiques dévoués à la prédication de l'Évangile par toute la terre. Ce fut l'appel fait par M. du Bourg à la charité des fidèles lyonnais , ce fut son cri de détresse entendu par deux pieuses femmes et répété par elles, surtout dans les ateliers de la ville, qui éveilla l'idée qu'on eut de former une association pour venir en aide aux besoins des missionnaires. On invita à y prendre part le pauvre avec son obole , l'artisan avec son aumône la plus humble. La contribution de chaque associé était d'un sou par semaine '.

Notre France se montra généreuse en ses dons à M. duBourg. Les aumônes qu'il récolta lui fournirent un petit trésor avec lequel il acheta non-seulement des objets sacrés nécessaires au culte, mais des outils, des instruments de culture et de labour. Approvisionné autant comme un colon que comme un évêque, il s'embarqua k Bordeaux le 27 juin 1817. Par ordre du roi Louis XVIII, un petit bâtiment de

1 Voir le Nouveau Coup d'œil sur l'œuvre de la Propagation de la Foi. A Lyoû et à Paris, au bureau de l'œuvre.

la marine royale, la flûte la Caravane, avait été mis à sa disposition pour son transport gratuit.

Arrivé heureusement dans le port d'Annapolis, notre évêque missionnaire se dirigea vers Baltimore, et de là, sans prendre de repos, vers Saint-Louis du Missouri , qu'il avait choisi pour sa résidence provisoire. La Nouvelle- Orléans avait été sa résidence autrefois; mais il y renonçait momentanément, se confiant en l'action du temps pour faire disparaître un esprit d'indépendance, et même d'hostilité, qu'il avait rencontré auprès de son clergé, tout espagnol d'affection, mécontent de l'annexion avec les États-Unis , et prévenu contre tout ce qui lui venait du Nord , même un évêque.

Pour se rendre de Baltimore à Saint-Louis par le chemin que M. du Bourg comptait suivre, il n'y avait pas moins de cinq à six cent milles à franchir. Il résolut de faire ce trajet moitié en bateau , moitié à pied , après qu'il eut reconnu aux dépens de sa vie le danger de voyager en voiture par des chemins impraticables. Le bâton à la main comme un pèlerin et comme un pasteur, il cheminait accompagné de ses fidèles missionnaires , puisant ses forces dans l'énergie de sa volonté. Il n'était pas naturellement d'une santé très-robuste. On traversa le

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