‹ Elizabeth SetonChapitre 133 sur 185 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

bâtissait cathédrale, églises, séminaire, collèges, etc., et qu'il nourrissait chaque jour autour de lui plus de cinquante personnes, prêtres, séminaristes, auxiliaires de ses travaux à divers titres, l'évêque missionnaire vivait lui-même dans un dénûment qui fait penser à ce qu'on raconte de la vie des anachorètes. La pauvreté de sa demeure répondait à l'insuffisance de sa table. Un jour, en 1820 , un de ses amis de la Nouvelle-Orléans eut l'idée de lui envoyer un lit un peu élégant pour remplacer le petit cadre en bois de sapin dont il se contentait. Voici un passage de la lettre que l'évêque lui écrivit, en lui adressant à l'avance ses remercîments :

« Mon palais est trop petit et trop pauvre pour admettre un pareil ornement. Vous me permettrez donc , mon cher , de le convertir en quelque chose d'une utilité plus immédiate. C'est du pain qu'il me faut pour moi et pour mon monde. Tout ici est exorbitamment cher; et je n'ose pas me donner le moindre petit meuble. Croyez-vous que nous sommes obligés de nous emprunter mutuellement une table à écrire? Mais cela ne prend rien sur ma bonne humeur. Au contraire, j'éprouve la vérité du proverbe : « La bourse plate rend le cœur léger. »

La partie sud de l'immense diocèse de M. du

Bourg, la basse Louisiane, était aussi l'objet de sa sollicitude. Il y avait envoyé dès les commencements un vicaire général muni des plus grands pouvoirs. Un collège à la Nouvelle-Orléans, un second collège à Opelousas, petite ville située sur la rivière Vermillion ; un orphelinat, un séminaire et un collège à la Fourche ; la maison des dames du Sacré-Cœur à Saint- Michel : telles furent les fondations les plus importantes de ce fécond épiscopat *.

Quand nous avons parlé du voyage qu'avait fait en Italie M. du Bourg, dans l'année 1815, nous avons dit qu'il avait été sacré évêque à Rome. Le premier endroit où il se rendit, après qu'il eut quitté la ville sainte, futLivourne, où il séjourna pendant quelque temps. Le siège épiscopal de cette ville était alors vacant, et plusieurs paroisses demandèrent à l'évêque de la Louisiane qu'il les visitât, pour donner à leurs fidèles le sacrement de confirmation. Il demeura, le temps qu'il passa à Livourne, dans la maison des Filicchi. Là, même avant qu'on ne l'eût vu , on le connaissait et on l'aimait. Le respect qu'on avait pour l'évêque se joignait chez tous à l'affection qu'inspirait l'ami de M. CarroU, de M. de Cheverus et d'Eliza-

1 Voir les Annaks de la Propagation de la Foi. — Les Prêtres français émigrés aux Etats-Unis. — Sketches of Kentucky, by the very Rev. D"" Spalding.

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